TESTS

Battlefield Hardline

Hardline a partagé très tôt les joueurs. Différent de ses prédécesseurs, le titre ouvre la série, le temps d’un épisode, a quelque chose de nouveau. Ce Battlefield, qui pour beaucoup n’a que le nom, délaisse l’univers – historique – militaire de la série pour s’attaquer au milieu urbain : la guerre fait désormais rage entre les forces de l’ordre et les truands. Visceral Games a vu les choses en grand pour sa première itération de la licence de DICE : solo revu et corrigé, apparition de nouveaux modes de jeu en ligne, gameplay dynamisé, dans l’ensemble le studio s’est montré plutôt ambitieux. Du papier à la pratique, il y a cependant parfois un monde. Test d’un spin-off explosif.

Derrière ce volet atypique, un studio qui n’a plus grand chose à prouver : Visceral Games. C’est à ce développeur situé à Redwood City, à seulement quelques pas du siège social d’Electronic Arts, que l’on doit la série des Dead Space. Le studio a également développé quelques épisodes de la série des James Bond et du Seigneur des Anneaux. C’est fin mai 2014, après quelques fuites, que Visceral Games a confirmé l’arrivée de Hardline. Seulement quelques jours après son annonce, une bêta fermée a été lancée sur PC et Playstation 4. Initialement prévu pour octobre, le titre a subi un report suite aux commentaires issus de la première bêta. Battlefield : Hardline est finalement arrivé en Europe le 19 mars dernier. Voyons ensemble ce qu’il vaut !

Flic ou criminel ?

1426555856-5352-capture-d-ecran Tout débute dans un bus. On incarne Nick Mendoza, un flic qui croit fermement en ce qu’il fait. Enfin, c’est ce qu’il était il y a encore peu : en effet, nous ne sommes pas dans ce bus sans raison, celui-ci nous amène vers un centre pénitentiaire. Une question se pose : comment ce flic intègre a t’il pu passer de l’autre côté du miroir ? Pour répondre à cette question, rien de mieux qu’un bon vieux flashback des familles. Ainsi, on revient quelques années auparavant, lorsque Nick était encore en service à Miami. Trafic de drogue, corruption, meurtre, tout y passe. A nous de démanteler un véritable réseau criminel.

Scénaristiquement, si les clichés ne manquent pas à l’appel, l’ensemble fait mouche. Le ton est quasi-cinématographique et le format n’est autre que celui d’une série télévisée : les missions sont des sortes d’épisodes. Ainsi, au début de chaque missions, une courte vidéo revient sur les éléments qui ont composés l’intrigue des précédents « épisodes ». L’écriture du jeu n’est pas exceptionnelle, mais largement suffisante. Il y a une vraie tentative de créer une sorte de polar sombre où les personnages entretiennent entre eux des relations poussées. L’effort est appréciable. La mise en scène du jeu, plutôt travaillée, dynamise avec succès l’aventure. En résumé, derrière quelques lacunes et clichés se cache un solo rythmé et efficace. Autant dire qu’en terme d’ambition, on est au-dessus du dernier épisode de la série.

Freeze !

1426555876-4797-capture-d-ecranLe solo de Hardline n’est pas sans rappeler celui des derniers Far Cry. Le concept est simple : on dispose d’un certain libre arbitre pour atteindre un objectif. On peut aussi bien opter pour la méthode musclée que douce. En clair, soit on fonce dans le tas façon Rambo, soit on évite les effusions de sang en se faisant discret. La méthode la plus intéressante est bien évidemment la seconde, celle-ci offrant beaucoup plus de challenge. Flic oblige, on dispose dans notre arsenal d’un badge qui, une fois sorti et accompagné d’un « freeze », peut arrêter plusieurs ennemis pris au dépourvus. Ces derniers vont alors déposer leurs armes au sol (ou non d’ailleurs, le temps jouant contre nous, il vaut mieux être rapide afin d’éviter les mauvaises surprises), à nous alors de sortir les menottes. Ça paye plus que de tuer et c’est franchement grisant. Ce choix induit par notre rôle augmente la durée du vie, la re-jouabilité étant plutôt bonne. D’ailleurs, comptez dix heures (voir un peu moins) pour faire le tour du propriétaire.

Le titre nous invite à analyser le terrain avant d’agir. Dans un premier temps on marque les cibles, on observe les mouvements et enfin on agit. Si l’idée est bonne, sans être révolutionnaire, on regrette la mollesse de l’intelligence artificielle. Voyez les ravages de la drogue ! Bien sûr, cela n’enlève pas au jeu une véritable difficulté lors de certaines scènes, mais dans l’ensemble, il est clair que le challenge est plutôt limité question difficulté. C’est surtout dans les objectifs optionnels que l’on trouve du croquant : il est par exemple question d’appréhender un suspect en particulier ou encore de trouver des indices en particulier, le tout augmentant notre cagnotte. Plus on amasse des points, plus on débloque des éléments (de l’équipement, des bonus). Entre ses différents choix et ses objectifs variés, le solo de Hardline se montre assez consistant. Un peu répétitif, mais efficace.

Fast and Furious

1426555877-8821-capture-d-ecranCe qu’il faut bien comprendre avec ce Battlefield, c’est qu’il s’agit d’un spin-off. Si la forme (notamment l’interface) est similaire, le fond lui est différent. Il s’agit d’une autre vision de la licence de DICE, beaucoup plus accessible et dynamique. La recette de Hardline est la suivante : du Call of Duty pour le rythme, du Counter Strike et du Payday pour les modes de jeu et du Battlefield pour l’enrobage (même si on est loin de la « claque » habituelle) et le côté stratégie. Plus rapide et furieux, c’est ce qu’essaye d’être ce spin-off de Battlefield. Et c’est d’ailleurs ce qui le caractérise en pratique, car le pari de Visceral Games est largement atteint : Hardline se démarque de la série par sa nervosité et sa capacité à créer très rapidement des situations explosives. Il est certain que ce gameplay sous adrénaline laissera sur le carreau de nombreux fans de la première heure, mais en contrepartie il attirera aussi certainement un autre, friand de plaisirs immédiats. Cartes plus petites, véhicules plus rapides, mouvements plus souples, armes moins techniques : le dosage cherche à atteindre l’action rapide, sans concession. Contribue également à créer ce dynamisme, la possibilité de sortir une partie de son corps d’une voiture en mouvement afin de viser plus librement. Revers de la médaille : il est beaucoup plus facile de tomber au combat de cette manière. Enfin, deux nouveaux gadgets peuvent également améliorer la mobilité de notre personnage : le grappin et la tyrolienne. L’un permet de grimper sur un immeuble, l’autre de créer un lien entre deux immeubles. Le tout est bienvenu, mais finalement assez peu utile (sauf dans le mode Heist peut être).

Concernant l’arsenal, deux choses changent par rapport aux autres épisodes : d’abord, l’acquisition de l’équipement, celui-ci ne se fait plus uniquement par rapport à notre grade, mais également (et surtout) par rapport à notre compte en banque. On empoche de l’argent en effectuant des actions, plus on est efficace, plus notre compte est garni. On peut, en grande partie tout du moins, débloquer comme bon nous semble les équipements des différentes classes du jeu. En parlant de ça, il y a l’opérateur (le médecin), l’exécuteur (l’assaut), le professionnel (le sniper) et enfin le mécanicien (réparateur). Les noms changent, la fonction reste plus ou moins la même, à quelques détails près (certaines armes, comme le bazooka, ne peuvent désormais être porté de base). L’autre différence réside dans notre arsenal, ce dernier est plus limité qu’auparavant. En nombre cependant suffisant, il perd en quantité, mais gagne en personnalisation. Il y a également un bon nombre de gadgets. Enfin, côté transport le titre délaisse les chars pour s’intéresser aux véhicules plus urbains. 4X4, véhicules de poursuite de police, muscle car, moto, speedboat ou encore hélicoptère sont accessibles. Dommage que la conduite soit aussi décevante : là où le gameplay cherche à rendre les mouvements le plus souple possible, c’est totalement raté du côté de la conduite. Celle-ci se montre rigide et assez peu agréable. Si on fini par prendre le pli, faute de mieux, on reste peu convaincu.

Quand Counter Strike rencontre Payday

1426555854-6009-capture-d-ecranLe multijoueur de Hardline comprend neuf cartes, toutes exploitées sur les sept modes du jeu. Faisons un rapide tour d’horizon de ceux-ci : outre les classiques modes Conquête et Match à mort en équipe, on retrouve le mode Hotwire qui est une sorte de déclinaison dynamique de Conquête, les positions a tenir ne sont plus fixes, mais mobiles, le but étant de rouler le plus longtemps possible. Une autre variante intéressante, mais d’un autre mode (Capture de drapeau) : Blood Money. Ici, il s’agit de ramener dans sa base de l’argent, tout l’intérêt du mode réside dans le fait que les deux camps doivent s’approvisionner au même endroit. Un détail est d’ailleurs plutôt amusant dans ce mode, il est possible de récupérer l’argent volé directement depuis la base ennemi. Heist invite les truands à voler de l’argent et l’emmener à un point d’extraction, les forces de l’ordre doivent tenir la position pour gagner. Le mode Ruée revu et corrigé de ce Hardline en gros. Enfin, deux modes sans réapparition : dans l’un il s’agit de sauver deux otages, dans l’autre de protéger un VIP jusqu’à un emplacement bien précis. Le VIP est contrôlé par un humain, la communication est donc primordiale pour éviter que ce dernier aille jouer lui même les gros bras, son arsenal étant limité à un simple pistolet. La durée d’une partie varie selon les modes, mais sachez malgré tout que dans l’ensemble les parties sont moins longues dans cet épisode que dans les autres de la série. L’action étant plus intense, les parties sont plus denses et se terminent donc plus rapidement. A noter, le netcode de Hardline semble au-dessus de celui de Battlefield 4, les problèmes de connexions étant finalement assez peu récurrents. Une excellent chose.

Pour conclure, attaquons un point sensible de cet épisode : son aspect technique. Autant être clair, là où la série cherche généralement toujours à se surpasser visuellement, Hardline lui ne joue pas à ce jeu. Techniquement, si le titre est loin d’être vilain, il traîne derrière lui quelques boulets regrettables : textures parfois approximatives, aliasing bien présent ou encore clipping viennent gâcher l’immersion. Du côté des bons points, on note surtout la modélisation des armes et des personnages. Dans l’ensemble, ça reste quand même assez générique. Heureusement, les différentes ambiances du jeu apportent un peu de charme à un univers graphique un peu terne. Musicalement, on retrouve de bonnes choses, rien à redire de ce côté.

NOTRE NOTE : 75%

Hardline propose une nouvelle lecture de la série des Battlefield. Plus dynamique et accessible, le titre de Visceral Games emprunte un chemin différent de celui de ses prédécesseurs : il cherche, coûte que coûte, à créer des conflits rapides et nerveux. Plaisir immédiat, tel est le crédo de ce Battlefield survitaminé. Entre sa campagne solo assez réussie et sa partie multi variée et complète, le jeu ne souffre clairement pas de carence question durée de vie. Finalement, ce qui nuit le plus à cet épisode, c’est son aspect technique limité. Outre une utilisation assez décevante (sans être catastrophique) du moteur de DICE, on regrette une sous-utilisation de Levolution, les changements notables étant assez rares. En résumé, si Hardline n’est en aucun cas une porte d’entrée vers la série Battlefield, ça n’en reste pas moins une rafraîchissante parenthèse qui saura trouver, on n’en doute pas, son public.

 

Battlefield Hardline
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