TESTS

MAD MAX

Après un premier passage remarqué cette année sur grand écran, Mad Max revient dans un préquel vidéoludique. Une déclinaison à la croisée des chemins, entre hommage et inspiration. Laissé pour mort, le mythique pilote et guerrier se lance dans une quête de vengeance. Bien évidemment, rien ne sera de tout repos : affrontements motorisés, courses-poursuites, combats au corps à corps, le désert dans lequel évolue Max n’a pas grand chose d’accueillant. Test d’un open-world à la fois sage et efficace.

Trente ans, c’est le temps qu’il aura fallu attendre avant de retrouver sur grand écran Max Rockatansky. Un retour qui ne se cantonne pas à son support d’origine : en effet, la dernière apparition vidéoludique de Mad Max remonte à 1990 sur NES. C’est Avalanche Studios, le papa de la sympathique licence Just Cause, qui est derrière cette nouvelle déclinaison de la série. Une année chargée pour le développeur suédois qui, après nous avoir proposé Mad Max, doit toujours nous offrir en décembre prochain la suite des aventures de Rico Rodriguez. Edité par Warner Bros. Interactive Entertainment, le titre ne manque pas de rappeler indirectement les autres licences produites par le géant américain. Faites chauffer le moteur : l’aride et dangereux Wasteland nous attend !

Quand Max rencontre Chumbucket

1441297739-8071-capture-d-ecranTout débute, comme bien souvent, avec une course-poursuite. C’est au cours de celle-ci que Max tombera nez à nez avec Scrotus, fils d’un certain Immortan Joe (ce nom devrait vous êtres familier si vous avez eu l’occasion de voir le dernier film de George Miller). Après un combat acharné et un remake express de Massacre à la tronçonneuse, le chevronné pilote est projeté hors du convoi, laissé pour mort au beau milieu de nul part. Dans sa malchance, le héros fort peu volubile tombe sur celui-ci qui sera son meilleur allié durant sa quête de vengeance : un étrange et courbé personnage, Chumbucket. Véritable sosie caché de Gollum, ce dernier est avant tout un mécanicien d’exception prêt à créer pour Max le cauchemar de demain de Scrotus et de ses sbires : la Magnum Opus.

Fidèle à son modèle, le titre puise dans l’imaginaire de la série de George Miller. Pouvant être perçu comme le prequel du dernier film en date, le titre propose une intrigue relativement légère pour ne pas dire quasi inexistante. Outre le postulat de base, le scénario ne progresse que par très petites touches. On en apprend bien un peu plus sur le passé de Max en fouillant les camps, mais ça reste relativement léger. L’intensité du jeu n’est pas à trouver dans son scénario, trop fantomatique pour convaincre, trop superficiel pour s’avérer intéressant. Non, la force du titre tient clairement en deux points : son gameplay efficace et son univers post-apocalyptique.

Retour vers la poussière

1441297739-9375-capture-d-ecranAu début de l’aventure, nous débutons avec ce qui est loin d’être un foudre de guerre. Vous l’avez déjà probablement compris, l’intrigue n’est finalement qu’un sanglant prétexte pour nous inviter à parcourir en long et en large les terres désolées du Wasteland. Une tâche qui se fait, rassurez-vous, avec beaucoup de plaisir. Ainsi, Max doit chercher à améliorer sa fameuse Magnum Opus afin d’enfoncer plus profondément encore la tronçonneuse qui aurait dû coûter la vie à Scrotus. Plus tôt nous faisons allusion à l’éditeur du jeu et aux nombreuses ressemblances qui peuvent exister entre Mad Max et les titres associés à ce dernier, vous allez désormais comprendre pourquoi. De la série des Batman de Rocksteady en passant par l’Ombre du Mordor, le jeu est un melting-pot où se croise le système de combat de l’un et l’aspect open-world de l’autre (qui, déjà, ressemblait à Batman). Mad Max transpire, notamment, de ces deux références. L’assimilation de ces divers idées, le tout imbriqué dans l’univers chaotique de Mad Max, est plutôt réussie. En soi, il s’agit d’un jeu à monde ouvert où il est question de pacifier le Wasteland en anéantissant l’armée de Scrotus. L’objectif final : Gas Town, évidemment. Pour sûr, de nombreuses dents tomberont avant d’y accéder.

Pour améliorer la Magnum Opus, deux solutions s’offrent à nous : on peut réaliser des quêtes ou mener tout simplement des expéditions. L’ensemble nous rapporte des pièces de ferrailles ainsi que des jetons. Au fur et à mesure de la progression et de l’éradication des forces du fils de Immortan Joe, des améliorations apparaissent aussi bien à destination de notre véhicule que de notre personnage. Le système d’évolution, très complet, s’avère assez prenant. On est vite happé par cette course à la puissance. Côté équipement, on dispose dans le véhicule d’un harpon, d’un fusil de précision ainsi de divers capacités : utilisation de bonbonnes de nitroglycérine et coups de volants contre le flan des assaillants sont au rendez-vous. Si on passe le plus clair de notre temps à bord de la Magnum (ou d’autres véhicules), il nous faut aussi parfois fouler à pied les terres arides du jeu. Bien qu’assoiffé de vengeance, Max n’est pas un guerrier immortel : il a besoin de s’hydrater pour survivre.

La quête de l’or noir

1441297739-423-capture-d-ecranL’idée est pertinente, surtout dans un jeu tiré de la licence Mad Max : les liquides sont des denrées rares, ce n’est pas donc pas quelque chose d’inné. Bien qu’il soit, dans le jeu, assez facile de trouver aussi bien du carburant pour le véhicule que de l’eau pour Max, il nous faut quand même toujours garder un oeil sur ces deux jauges afin de ne pas tomber en rade au beau milieu du désert. En ce qui concerne le pétrole, il est possible de stocker à l’arrière du véhicule une jerrican : à noter qu’il est possible de les enflammer, utile pour une entrée explosive. Avant ça, il faut bien souvent en arriver aux mains : l’eau et le pétrole se trouvant dans des camps ou avant-postes, il faut se battre pour mériter ces denrées. Le système de combat, sans être aussi grisant que celui de Batman, se montre relativement sympathique. Bien que Max carbure plus ou moins comme le chevalier noir aux combos (il dispose également d’un fusil à pompe), celui-ci souffre d’une certaine lourdeur qui plombe un peu le rythme des combats. En parlant justement de blâmes, on reproche également au titre une disposition réellement étrange des touches, des actions un peu rigide et une certaine forme de répétitivité des objectifs.

Concernant l’aspect technique, Mad Max assure totalement le spectacle. Bien que quelques baisses de régimes viennent parfois noircir le tableau, le titre s’en tire avec les honneurs. Visuellement bluffant, le jeu regorge de panoramas magnifiques. Plus varié que ce que l’on pourrait imaginer, l’univers du titre est sublimé autant par les différents effets de lumière que par les divers événements qui font vivre ce grand et dangereux désert. Affronter des War Boys au beau milieu d’une tempête de sable où s’abat des éclairs est quelque chose de relativement grisant : effet garanti ! Les fans de l’oeuvre de Miller devraient être aux anges tant l’univers est fidèle aux films du réalisateur australien. La présence d’un mode Capture, d’ailleurs très prisé dans les titres Warner, est un véritable plus. Enfin, pour conclure, l’aspect sonore n’est pas en reste. Entre silence et puissance, l’atmosphère sonore est réussie. Musicalement, bien qu’assez discrète la plus grande partie du jeu, la bande-son sait se faire entendre lorsque l’intensité monte.

NOTRE NOTE : 75%

Mad Max est à la fois sage et efficace. Le jeu d’Avalanche Studios n’est finalement qu’un assemblage, plus ou moins maîtrisé, de plusieurs références. De Batman en passant par L’Ombre du Mordor, on retrouve dans ce titre tout ce qui définit un open-world aujourd’hui. Si cette adaptation vidéoludique de l’oeuvre de George Miller n’avance que très gentiment ses propres pions, cela n’enlève en rien les nombreuses qualités que possèdent Mad Max. Impressionnant visuellement, le titre du développeur suédois embarque dans son coffre un vaste univers, un gameplay relativement solide (bien que perfectible lors des phases à pied) et une durée de vie tout à fait raisonnable. Dommage que le jeu souffre d’une certaine répétitivité ainsi que d’un aspect scénaristique un peu trop en retrait. En résumé, Mad Max est un open-world action/rpg plus que recommandable.

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