TESTS

Assassin’s Creed Rogue

Moins médiatisé que son grand frère parisien, Rogue a longtemps été perçu comme un épisode de seconde zone, une sorte de soupe tiède à destination des joueurs n’ayant pas encore franchi la nouvelle marche menant à la cathédrale Notre-Dame. Si on n’attendait pas grand chose de ce volet old-gen, ce dernier nous a réellement agréablement surpris. Bien qu’il se complaise dans le gameplay de son prédécesseur, Rogue apporte à l’édifice Assassin’s Creed un autre regard sur l’historique conflit opposant les assassins aux templiers. Test d’un volet qui ne manque pas de charme malgré son manque évident d’ambition.

Derrière Rogue, Ubisoft Sofia. Fondé en 2006, l’antenne bulgare est le studio à l’origine de l’épisode Playstation Vita d’Assassin’s Creed, Libération. Un épisode mineur qui eu le droit en janvier dernier à une version HD à destination des consoles et PC. Ubisoft Sofia a également participé à l’aventure Black Flag. Comme nous allons le voir, ce titre est un peu plus qu’une simple source d’inspiration pour Rogue.

D’un camp à l’autre

Dans cet épisode nous incarnons Shay Patrick Cormak, un assassin prometteur qui, au cours d’une mission loin d’être anodine, perd totalement confiance en ses pairs. Shay entame alors une vengeance vis à vis de son ancienne confrérie. S’il garde sa lame, il change en revanche de camp et devient un Templier, lutant contre les idéaux des Assassins.

Scénaristiquement, Rogue est réellement intéressant car il propose pour la première fois de se placer de l’autre côté du miroir. Malheureusement, dans la pratique ce retournement de situation manque de profondeur : un nom à remplacer un autre et c’est tout. Si auparavant on concevait les Templiers comme des personnes sans morales, désormais c’est au tour des Assassins de revêtir ce rôle de grand méchant prêt à sacrifier mères et enfants pour parvenir à leur fin. Personne n’est réellement tout blanc dans une guerre, mais il faut bien reconnaître que le tout manque un peu de nuance. Au delà de ça, le scénario s’en tire plutôt bien. Les fans apprécieront certainement les quelques révélations du titre. Enfin, que vous ayez fait ou non Unity, sachez que ce volet introduit l’épisode parisien. Il se situe entre son modèle, Black Flag et le troisième volet de la série.

Un Templier qui a tout d’un Assassin

Si l’idée d’incarner un Templier est assez séduisante sur le papier, en jeu autant dire que cela ne change pas grand chose. Rogue ne bouleverse pas l’ordre établi et se contente, en très grande partie, de reprendre les rouages des précédents volets et notamment ceux de Black Flag. Le principal problème de ce nouveau volet, c’est justement qu’il n’a pas grand chose de nouveau : gameplay déjà vu, époque déjà parcourue, le déjà vu règne en maître. Bien sûr, Ubisoft Sofia a bien avancé quelques pions en ajoutant quelques petites idées, mais dans l’ensemble ça manque clairement d’ambition. Au menu de cet Assassin’s Creed : des batailles navales, des scènes d’infiltrations, des combats et une grosse louche d’exploration. Concernant les lacunes du titre, le développeur n’a corrigé qu’une partie infime des soucis présents dans l’épisode précédent : on prend les mêmes et on recommence, c’est un peu comme ça que l’on peut voir ce volet. L’intelligence artificielle est toujours à la ramasse et les PNJ rencontrent de nombreux soucis de collisions. Si ce n’est pas rédhibitoire, ça ne rend clairement pas service au jeu. Notons tout de même les quelques nouveautés de Rogue : une carabine fait son apparition, des grenades (l’infiltration selon Rambo), mais aussi la possibilité de laisser derrière soi des traînées de feu en bateau pour empêcher les ennemis d’approcher. C’est maigre.

Finalement, ce qui fait le charme de cet épisode old-gen, c’est bel et bien son nouvel univers. Au revoir les somptueuses plages des caraïbes, bonjour les territoires enneigés du nord. Deux zones apparaissent dans Rogue, l’Atlantique Nord et River Valley. C’est, sans mauvais jeu de mot, rafraîchissant de découvrir ces espaces. Le développeur a, et il faut au moins lui reconnaître ça, travaillé les zones de son jeu et cherché à nous faire voyager : on découvre même durant une courte scène Paris. Il existe bien une dernière nouveauté apportée par l’Atlantique Nord : les icebergs. En mer ces derniers pourront, une fois détruits, créer des marées capables d’endommager les petits navires ennemis. C’est toujours ça de pris.

Court, mais complet

Assassin’s Creed Rogue n’est pas franchement très long. Comptez maximum douze heures avant de découvrir le grand final du titre. Heureusement, la campagne passée, le jeu est loin d’être réellement terminé : la carte, immense, regorge de contenus. Entre la chasse (afin d’améliorer notre équipement), l’entretient et l’amélioration du navire, l’amélioration des bâtiments, les rôdeurs (des assassins cachés un peu partout qui veulent votre peau) et les nombreux objectifs alternatifs, autant dire qu’il y a de quoi faire. Le développeur a mis l’accent sur l’infiltration dans cet épisode où on est souvent appelé à sortir notre lame. La vie de templier n’est pas de tout repos !

Techniquement, le titre utilise le même moteur que Black Flag. Pour de la old-gen, c’est tout à fait satisfaisant. Assez stable, le jeu dispose de quelques effets assez réussis, d’animations correctes et d’une bonne profondeur de champ. Par contre, comme signalé plus haut, le titre souffre toujours de nombreux défauts techniques. Musicalement, si les thèmes sont bons, on regrette en revanche un doublage en demi-teinte : on entend souvent les soldats changer de dialecte, ce qui nuit un peu à l’immersion. Rien de spectaculaire en résumé du côté de la technique du jeu.

NOTRE NOTE : 75%

Assassin’s Creed Rogue est un titre correct. Loin d’être aussi ambitieux que son grand frère parisien, il remplit malgré tout plutôt bien son office en proposant une aventure variée, sympathique et même plutôt rafraîchissante en nous permettant, pour la première fois, d’incarner un Templier. Black Flag échoué dans les mers du nord, c’est un peu ce qu’est ce Rogue : même gameplay, même moteur graphique, même contenu. Malgré ça, difficile de ne pas apprécier cet épisode qui, avec son univers enneigé, ne manque pas de révélations. Espérons seulement que la pratique ne se généralise pas. Un épisode à conseiller avant tout aux fans de la série (notamment à ceux qui veulent en savoir plus sur le début d’Unity).

Assassin’s Creed Rogue
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