TESTS

Far Cry 4

fait, au travers de ce quatrième volet enneigé, ses premiers pas sur consoles current-gen. Un pas mesuré entre déjà vu et nouveauté. Cet opus délaisse le sable fin et chaud des îles Rook pour s’installer à deux pas de l’Himalaya, les pieds dans la neige. Dans la valise de cet épisode, un gameplay légèrement revisité, un moteur graphique efficace, un contenu varié et puis surtout, une grosse dose de fun ! Test d’un excellent FPS qui, sans révolutionner le genre, propose malgré tout une expérience réellement rafraîchissante.

Derrière ce volet, le plus gros studio de développement du monde, Ubisoft Montreal. C’est à lui qu’on lui doit la série Assassin’s Creed ou encore les derniers épisodes de la série Far Cry. Un flambeau repris des mains du studio allemand Crytek, géniteur du premier opus, mais aussi de la célèbre licence Crysis. Moins de deux ans après le troisième volet, le studio nous propose une nouvelle itération chiffrée de la série : Far Cry 4, tout simplement.

Une histoire de famille

On incarne Ajay Ghale, un jeune américain ayant récemment perdu sa mère et cherchant à respecter sa dernière promesse : celle d’emmener ses cendres en Kyrat, son pays d’origine. Si en soi ce n’est pas un problème, le hic réside dans le fait que le pays niché au cœur de l’Himalaya est dirigé par un dictateur sociopathe, le peu recommandable Pagan Min. Cet excentrique personnage a appris notre venue et nous enlève lors d’un simple contrôle routier. Comme bien souvent, dans notre malheur réside un peu de chance : des rebelles infiltrent la demeure de Min et nous aide à évacuer les lieux. C’est ainsi que débute notre voyage dans la belle région de Kyrat. Très rapidement, on comprend que l’on va devoir mettre la main à la patte avant de pouvoir accomplir le ce pourquoi nous sommes là : en effet, la partie de la région où on est censé disperser les cendres est inaccessible car encore sous le contrôle du tyran, à nous d’aider les rebelles à reconquérir ce territoire. Notre destin est alors scellé au Kyrat.

Scénaritiquement, Far Cry 4 part d’un bon postulat. Dommage que le titre se montre aussi frileux lorsqu’il s’agit d’aller plus loin que le seuil de la porte : il entrouvre, mais ne dépasse pratiquement jamais l’idée de base. Un exemple, celui de notre grand Némésis du jour, Pagan Min. Ce dernier avait tout pour devenir un méchant réellement emblématique, malheureusement passé l’introduction désormais connue de tous, Min disparaît peu à peu de l’aventure pour ne plus devenir qu’une voix la majorité du temps. Bien sûr, il reste très bien écrit : il rentre sans soucis dans le panthéon des grands méchants modernes, entre Vaas de Far Cry 3 et Handsome Jack de Borderlands 2. On regrette seulement qu’il ne soit pas plus exploité dans l’aventure, son moment le plus marquant étant finalement celui qui nous promettait le plus. On regrette également que certains personnages soient de véritables caricatures. Face à cela, il y a également d’excellents points à souligner : l’univers dépeint, plutôt réaliste, regorge de personnages divers, allant de simples rebelles aux paysans rêvant de jours meilleurs. Le titre aborde de nombreux sujets : la tradition, la drogue, la violence etc. Sans être aussi sérieux que le second épisode de la série, ce Far Cry 4 n’est cependant pas aussi décomplexé que son son dernier petit frère : c’est une sorte d’hybride, un mélange réussi.

Mieux que le Club MED

Ce quatrième épisode reprend à la lettre la recette de son prédécesseur : un gameplay nerveux à la croisée des chemins entre le FPS et le RPG dans un univers open-world au contenu prolifique. Cette recette, que l’on retrouve que de nombreux titres estampillé Ubisoft, se voit agrémenter dans ce nouvel épisode de quelques petites améliorations et propositions. Pour tout dire, la plupart de ces nouveautés sont inhérentes à l’univers de ce Far Cry 4. Kyrat est une région escarpée et montagneuse. Pour nous aider à mieux parcourir cette nouvelle région, nous disposons d’un grappin. On ne peut en revanche l’utiliser partout : il existe des points spécifiques où le lancer. Le fait de pouvoir escalader ainsi les flans abruptes repousse un peu plus le sentiment de liberté que dégage le jeu. Parmi les moyens de locomotions, outre les véhicules classiques (quad, camion, deltaplane), on compte désormais le TukTuk ou encore le Gyrocoptère. Il est également possible de contrôler des éléphants, de véritables tanks sur pattes. La grosse nouveauté de gameplay de ce côté réside dans le fait de pouvoir tirer tout en conduisant ! Enfin on a envie de dire. Pour faciliter la manœuvre, on peut activer un mode automatique qui prend le relais le temps d’éliminer les quelques fauteurs de troubles qui nous poursuivent. En parlant de ça, quelques nouvelles armes sont venues compléter notre arsenal déjà bien garni.

Far Cry 4 embarque une composante RPG. En effectuant des actions dans le jeu, on gagne des points qui nous permettent, à terme, de remporter des jetons à dépenser dans un arbre de talents. Cet arbre comprend deux branches : le tigre (offensif) et l’éléphant (défense). La première permet à Ajay d’exécuter de différentes nouvelles manières les ennemis tandis que la seconde branche permet à notre héros du jour de rester en vie un peu plus longtemps. Vous aurez tout le loisir de mettre à profit ces aptitudes au travers des (très) nombreuses activités que propose le jeu : entre la chasse (utile pour confectionner des objets et améliorer notre équipement), l’attaque d’avants-postes (permet, notamment, de voyager plus rapidement), la prise de forteresses (bon courage d’avance) ou des tours de communications (exactement le même principe que dans Assassin’s Creed, en grimpant en haut de ces tours on dévoile une partie de la carte du jeu), autant dire qu’il y a de quoi faire. Et encore, il ne s’agit là que du contenu annexe, bien que l’on soit souvent sollicité dans le cadre de la campagne du jeu à effectuer ces activités. Sachez d’ailleurs que la liste est exhaustive : le titre compte également quelques passages mystiques (à Shangri-La, un territoire aux couleurs chatoyantes) et bien plus encore. Enfin, l’aspect RPG du titre ne s’arrête à l’arbre. Le développeur a ajouté le fait de pouvoir choisir sa voie : plusieurs fois dans l’aventure, on sera amené à choisir entre deux conceptions. L’objectif de la mission dépendra du choix que l’on fait. On regrette juste que le fait de suivre Abal ou Amita n’entraîne pas plus de conséquences dans l’univers du jeu. Le bon point, c’est que malgré qu’il n’y ai pas tant de choix que ça à faire, cela repousse un peu plus encore la durée de vie du titre. Far Cry 4 est un titre extrêmement complet qui, même s’il peut s’avérer répétitif, ne manque pas d’activités. Au pire des cas, si l’ennui pointe le bout de son nez il est toujours possible de s’attaquer à la partie multijoueur du titre.

Double ration d’XP

Le multijoueur de Far Cry 4 est découpé en deux. D’un côté, il y a un mode coop qui permet à deux joueurs de parcourir la carte du jeu librement et d’effectuer toutes les missions annexes présentes sur celle-ci. Un mode fort utile lorsqu’il s’agit de s’occuper des forteresses. Si le multi n’est pas votre tasse de thé, vous pouvez toujours engager dans le mode solo des rebelles pour vous épauler. De l’autre côté, on retrouve un multijoueur compétitif. Trois modes différents sont accessibles : parmi ceux-ci Demon Mask (une sorte de variante de la capture de drapeau) ou encore Propaganda (attaque/défense). Dans l’ensemble, si le multijoueur est loin d’être révolutionnaire, ce dernier est suffisamment efficace pour tenir en haleine quelques heures. Ce qui est réellement intéressant, c’est son gameplay asymétrique : cinq joueurs contrôlent des soldats classiques tandis que les cinq autres contrôlent des guerriers. Chaque camp possède son petit plus : l’un est plutôt puissant, l’autre est furtif. Dommage que le tout manque un peu d’équilibre. On note également la présence d’un éditeur de cartes.

Techniquement Far Cry 4 exploite la dernière version du moteur Dunia Engine. Ubisoft parle d’une version retouchée du moteur déjà utilisé dans sa version 2.0 avec le troisième volet de la série. Autant dire que l’on confirme les dires du développeur : le précédent épisode était déjà beau, ce dernier Far Cry va plus loin encore sur Xbox One et Playstation 4. On ne manque pas de s’arrêter parfois pour admirer le paysage, très réussi, de Kyrat. Entre les effets de lumières, la végétation et la vie environnante, autant dire qu’on est littéralement plongé dans cet univers atypique. Si ce n’est pas encore tout à fait une claque (quelques détails font encore old-gen), on est tout de même satisfait du travail d’Ubisoft Montreal qui a su, avec beaucoup de finesse, construire un univers cohérent et réaliste. Le titre souffre en revanche de quelques bugs qui nuisent surtout à l’immersion : le fait de croiser plusieurs véhicules contrôlés par l’I.A dans le fossé en est un bon exemple. Enfin, l’univers sonore de Far Cry 4 est assez réussi. Mention spéciale pour le doublage français de qualité.

NOTRE NOTE : 85%

Far Cry 4 joue un véritable tour d’équilibriste : il tente, tout en restant sur le fil de son prédécesseur, d’avancer suffisamment pour se démarquer de ce dernier. Si le titre reprend en effet tout ce qui a fait le succès du troisième volet, il réussi malgré tout à proposer quelques nouveautés appréciables. Gameplay fun et efficace, technique soignée (un minimum pour un Far Cry), contenu toujours au rendez-vous, Far Cry 4 ne manque clairement pas d’arguments. Au rang des regrets, des temps de chargements un peu longs, un solo un peu en dessous du précédent épisode et quelques bugs par-ci par-là qui nuisent à l’immersion. En résumé, Far Cry 4 est probablement l’un des meilleurs FPS de cette année et de loin.

 

Far Cry 4
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