TESTS

Randal’s Monday

Développé par Nexus Game Studio et édité par Daedalic Entertainment, Randal’s Monday est un point’n click qui fait honneur à un genre qui, malgré l’âge d’or de LucasArts, le studio à qui l’on doit Sam & Max, Monkey Island, mais aussi l’excellent The Dig, peine à trouver son public aujourd’hui. Sorti le 12 novembre 2014 sur la plateforme de téléchargement Steam, Randal’s Monday nous plonge dans la vie de Randal ou, pour être plus précis, un lundi de Randal pas comme les autres. Bourré de références et d’humour, ce point’n click a tout pour plaire par son univers fortement inspiré de la culture geek et son scénario déjanté. Vous qui avez été bercé par la Sci-Fi 80’s, vous qui chantonnez Ghostbusters lorsque vous passez l’aspirateur, vous qui mettez vos comics sous pochette plastique pour les préserver des sandwichs au thon (pour ceux-là, préparez-vous à désenchanter)… Ce jeu indépendant a peut-être de quoi satisfaire vos attentes de joueur, à condition d’être un habitué des énigmes « à l’ancienne » tirées par les cheveux !

Loin d’être le héros tant attendu de tout bon jeu vidéo stéréotypé qui se respecte, Randal est tout ce qu’il y a de plus détestable. Indigne de confiance, il est tout ce qu’une personne civilisée éviterait. Cleptomane assumé et fouteur de trouble, sa nature sournoise risque, pourtant, de se retourner contre lui.

Do You Wanna Be My Girl ?

L’histoire prend cours dans un bar miteux, où l’on retrouve Randal accompagné de son ami d’enfance Matt. Deux compères dont l’amitié semble rester soudée malgré les coups bas et les années écoulées. L’alcool coule à flot pour fêter un grand événement, l’union de Matt et de sa petite amie. C’est au fil de longues discussions et de verres de bière que l’histoire donne ses premières lueurs dorées, lorsque Matt, profitant de la courte absence de sa bien aimée, brandit la fameuse alliance de mariage face aux yeux envieux de Randal. Cette alliance achetée pour moins que rien à un SDF risque pourtant de changer le long fleuve tranquille de notre protagoniste. Matt n’est pas ce qu’il y a de plus raisonnable quand il s’agit d’alcool, il ne lui faudra pas longtemps pour dégobiller, dans la ruelle d’à côté, tout ce qu’il a pu ingérer ses dernières heures. C’est sous l’inquiétude de la petite amie de Matt que Randal ira le rejoindre pour s’assurer que tout va bien.

Après s’être vidé l’estomac et l’esprit, Matt décide de rejoindre sa petite amie à l’intérieur. Avant de passer la porte, son porte-feuille, où se trouve l’alliance, glissera de la poche arrière de son pantalon sans qu’il s’en rende compte. Il ne faudra pas longtemps pour que Randal s’en empare sans dire un mot à ce sujet, du moins, jusqu’au lendemain…

Le lundi au soleil

À son réveil, tout semble être comme d’habitude. Son vieil ami est toujours enfermé dans sa chambre, son appartement est toujours dans un piteux état, son poster de The Big Lebowski est toujours à sa place, et son proprio est toujours en train de l’harceler pour recevoir l’argent des 3 mois de loyer que Randal lui doit. Usant de toutes les fourberies possibles pour que son propriétaire lâche l’affaire, il semble n’avoir aucune issue possible. Il tentera donc d’appâter son propriétaire, le temps de s’enfuir par l’issue de secours. Les premières mécaniques de gameplay apparaissent, c’est avec un manche à balai et un cintre-canard que l’on fabriquera l’objet qui nous permettra de faire coulisser l’échelle jusqu’en bas ! Sans réelle indication, vous devrez, comme à l’ancienne, trouver les bonnes combinaisons pour déboucher sur la solution. À savoir que vous pouvez choisir un gameplay old school ou moderne selon vos préférences. Les développeurs n’ont pas omis, pour les plus impatients d’entre-vous, d’implémenter une touche qui vous permettra de découvrir tous les objets que vous pouvez emporter ou analyser dans le tableau.

C’est alors que s’esquisse enfin l’aventure, lors de la rencontre d’un SDF qui détient des propos plutôt troublants à notre sujet, ou, plus particulièrement, à propos de l’alliance de notre ami Matt. Randal ne prendra guère le temps de s’attarder sur de tels sottises étant donné que quelque chose de plus important l’attend : son travail. Après avoir résout les quelques énigmes qui nous mènent jusqu’à notre objectif, nous rencontrons notre patron et nous nous rendons compte que Randal n’a rien de l’employé modèle. C’est lors d’une soirée arrosée qu’il mettra sens dessus dessous son lieu de travail, mais pire encore… Il emballera son sandwich au thon avec le comics en édition limitée de son patron, ne lui laissant aucune chance de rédemption, et prendra la porte aussi vite qu’il est entré. N’ayant plus d’argent pour payer son loyer, ni de travail, il vendra l’alliance de son ami au Mont-de-piété du coin, ce qui lui rapportera une énorme somme d’argent.

Les heures s’écoulent et les lueurs du crépuscule arrivent. Randal reçoit un appel annonçant la mort de Matt dont il est soupçonné, en effet, une lettre l’accuserait de l’avoir poussé à sa mort. Nous sommes convoqué sur le lieu de l’incident pour être intérrogé. Après s’être fait passer à tabac par un commissaire d’humeur fiévreuse, nous pouvons enfin poser nos yeux ébahis sur cette dite lettre. Matt nous aurait soupçonné d’avoir un rapport très intime avec sa petite amie, ruinant tous ses projets d’avenir et ne voyant que l’issue de sa mort. Bien que Randal soit antipathique, il n’en reste que stupéfait et troublé, et c’est avec peine au cœur qu’un gendarme le ramènera chez lui pour digérer ces dernières nouvelles bien malheureuses.

Again, and again, and again, and again…

Le soleil de plomb tapant sur sa fenêtre, Randal se réveille pour débuter une nouvelle journée qui lui révélera bien des surprises. Bien que d’apparence tout semble être normal, c’est en prenant la porte que se dissipera le train-train quotidien et marginal de notre protagoniste. Le propriétaire, toujours aussi hargneux, semble avoir quelque peu changé depuis la dernière fois, bien que les propos qu’il détient sont mot pour mot ceux du jour dernier. Randal prendra cela à la légère, pensant que tout cela n’est qu’une vaste blague manigancée, jusqu’à ce que le propriétaire sème le trouble en lui en insistant sur le fait que nous sommes lundi.

Randal’s Monday repose principalement sur cette intrigue où le protagoniste est condamné à revivre inlassablement le même jour jusqu’au dénouement. Bien que cela puisse semblé répétitif dans sa forme, les développeurs ont essayé de pallier cela avec des personnages attachants et sortant de l’ordinaire qui nous est tant familier, sans non plus être aussi décalé que les personnages de Sam & Max, malheureusement, seul Randal s’impose réellement. Les autres personnages sont bien trop creux pour leur accorder un quelconque intérêt, on esquissera un sourire lors de leurs dialogues sans pour autant rire aux larmes. Les textes, tantôt inspirés, tantôt dissipés, sont assez inégaux et essaient de se prêter à un humour qui ne brille pas toujours.

Basé principalement sur les références vidéo-ludiques et cinématographiques, Randal’s Monday nous abreuve jusqu’à plus soif de clins d’œil à de grands titres cultes. Les premières minutes de jeu sembleront être un idylle pour tous nostalgiques, jusqu’à ce que cette joie candide s’estompe au fur et à mesure de notre avancée. La grande faiblesse de Randal’s Monday est de prendre le joueur par les sentiments en lui balançant tout de la pop culture. Ainsi, les développeurs ne prennent pas le risque de décevoir le consommateur qui achètera Randal’s Monday car il est sûr de retrouver son film ou jeux vidéo préféré dans un des nombreux lieux du titre. Bien que l’intention est bonne, elle reste toutefois naïve et insultante. L’avancée devient insipide et sans saveur, nous parcourons les tableaux avec cette nonchalance que l’on adopte en parcourant les rayons d’un supermarché, affublé par le choix quasiment infini de produits mais pourtant imposés.

Back to the 80’s

Randal’s Monday repose sur des mécaniques qui ont fait leurs preuves. Adoptant un cachet très old school dans son fonctionnement, on y retrouve tout ce qui façonne le genre. On peut citer les énigmes qui peuvent opposer une certaine résistance dans leur accomplissement, tant leur finalité est complètement folle et improbable, mais restent largement faisables comparé à un certain The Dig. Qui aurait pu imaginer propulser une boule de billard d’un canon d’une pendule à coucou ? Ces énigmes peuvent s’avérer rebutantes pour les personnes qui n’arriveront pas à s’immiscer dans l’univers loufoque du titre, avoir une certaine expérience dans le point’n click est un atout considérable. Néanmoins, si l’univers vous semble attrayant et que vous n’avez pas la patience requise, vous pourrez toujours buter un chaton pour avoir la solution et ainsi continuer paisiblement votre aventure ! Old school oblige, le jeu s’adonne aux habituels allés et retours, inhérents au genre. Vous êtes prévenus.

Artistiquement, loin d’offrir monts et merveilles pour sublimer vos yeux, Randal’s Monday adopte un style bande-dessiné très archaïque. Une patte qu’assure complètement le titre sans perdre de son identité au fil des tableaux. Si l’aspect très underground des décors et des personnages peut être toléré comme un choix artistique, il en est moins pour les animations saccadées et rudimentaires qui auraient mérité un peu de finesse. Côté doublage, nous avons droit à des voix anglaises qui restent convaincantes si on omet leur qualité d’enregistrement.

NOTRE NOTE : 60%

Vendu pour être une mine à références, Randal’s Monday s’effondre pourtant sur lui-même. Si l’effet de surprise avait pu garder de sa superbe au fil de l’aventure, et non nous rabâcher à chaque occasion à quel public s’adonne le jeu (càd : les nostalgiques et geeks), le titre aurait répondu brillamment à sa promesse. Hélas, en plus de décevoir sur ce point, ce point’n click s’avère assez classique et n’entrave pas aux règles fondamentales du genre, une bien maigre distraction.

Randal’s Monday
Cliquez pour commenter

Publier un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top