TESTS

The Crew

Les moteurs ronronnent en cette fin d’année 2014. Après un excellent Forza Horizon 2 et un mitigé (mais qui n’a pas encore dit son dernier mot) DRIVECLUB, c’est au tour de The Crew de faire son attendu tour de piste. Ce qui distingue ce titre édité par Ubisoft dans le genre automobile de ses concurrents, c’est bien la carte du jeu. Là où The Run ne nous proposait que des courses pré-définis au travers du pays de l’Oncle Sam, The Crew lui va beaucoup plus loin : il propose aux joueurs de parcourir le pays entier de manière libre. Pari osé ! Pari réussi ? La réponse dans ce test.

Derrière ce tour de force, Ivory Tower, un studio français basé à Lyon (cocorico !). Bien que The Crew est le premier jeu de ce studio crée en 2007, l’équipe en charge du jeu n’est est pas à son premier fait d’arme : en effet, une partie des développeurs viennent de chez Eden Games, connu notamment pour la série des V-Rally ou encore pour Test Drive Unlimited. Après de nombreuses bêtas et un report du titre de mi-novembre à début décembre, The Crew est enfin prêt à faire brûler de l’asphalte. Voyons ensemble ce qu’il a sous le capot.

En route pour la vengeance

On incarne Alex Taylor dans le jeu. Membre d’un gang réputé, ce dernier participe régulièrement à des courses illégales. La vie d’Alex bascule le jour où son frère, fondateur du gang, meurt devant ses yeux d’une balle bien placé. Arrêté et jugé comme coupable du meurtre, il est mis derrière les barreaux. Cinq ans après cet événement, un agent du FBI prend contact avec Alex et lui propose de devenir un agent infiltré. Son objectif est de grimper les échelons du gang 5-10 et d’atteindre le véritable meurtrier de son frère ainsi que la tête pensante du gang, un agent corrompu du FBI. C’est ainsi que débute notre aventure.

Bien que le scénario de The Crew ne soit ni le plus recherché, ni le plus passionnant, il faut au moins lui reconnaître qu’il a le mérite d’exister. Appuyé par des cinématiques plutôt réussies, l’intrigue nous amène à voyager et à parcourir les quatre coins de la carte. C’est là l’intérêt premier du scénario, puisqu’au delà de ça, le titre expédie bien souvent les scènes et se contente du minimum syndical : disons qu’en terme de profondeur, on est plus proche d’un Fast and Furious que d’un Drive. Inutile de s’étendre plus longtemps sur ce point, vous l’aurez compris, The Crew ne brille pas par son scénario vu et revu.

Voyage, voyage

The Crew, c’est avant tout une carte immense. Sur ce point, difficile de prendre à défaut Ivory Tower. Modélisé de New York à Los Angeles, de Détroit à Miami, il faut bien compter une cinquantaine de minutes pour passer d’un bord à l’autre (et encore, avec une voiture assez performante). Le développeur a pris soin d’inclure dans le jeu la crème du patrimoine américain : la Statue de la Liberté, le Golden Gate, le Mont Rushmore, la Maison Blanche etc. Outre cela, le titre met en avant la variété des territoires présents aux Etats Unis. On passe ainsi de paysages montagneux au désert, puis on découvre d’immenses plaines et des champs. Le mieux reste encore à venir : la carte, en plus de se laisser parcourir sans aucun temps de chargement si ce n’est celui du début et des accès au menu, autorise le hors piste. Ceci nous amène à nous poser une question : la carte est-elle cependant vivante ? La réponse est positive. Animaux, avions, circulations, piétons, il y a toujours quelque chose en mouvement. Malheureusement, tout ceci à un prix. Nous y reviendrons plus tard dans le test.

Nous ne croisons pas que des lapins et des oiseaux dans The Crew. L’autre force du titre, c’est l’habile combinaison entre une partie solo et une partie multijoueur. Un mélange qui n’est pas sans rappeler Test Drive Unlimited. Concrètement, on peut finir le jeu seul, cependant ce n’est clairement pas là l’intérêt de The Crew. Sur la carte, on croise d’autres joueurs : on peut, au choix, les ignorer ou les inviter à rejoindre notre crew (un groupe éphémère composé de quatre joueurs maximum). Entre les missions coopératives, les défis, le mode Joueur contre Joueur et la carte en soi, il y a de quoi faire, surtout que les activités ne manquent pas. On regrette simplement qu’il ne puisse pas y avoir plus d’une dizaine de joueurs dans chaque session. Rassurez-vous, les serveurs font en sorte qu’il y ai toujours des joueurs près de nous.

Sous le capot

Autant être clair : The Crew est un jeu purement arcade. Si il est possible de rendre la conduite plus réaliste en enlevant les aides à la conduite (il existe différents réglages : sport, hardcore, aide), le titre reste malgré tout assez loin d’une simulation. Avare en sensation, la conduite est relativement molle au début du jeu. Bien que cela s’améliore partiellement par la suite, le titre peine à convaincre de ce côté dans l’ensemble. Autre point qui fâche, la gestion des collisions. C’est un peu la loterie, l’aléatoire règne en maître : encore une fois, il est clair que The Crew n’a pas grand chose d’une simulation. Concernant les bolides, le titre en comprend 37 de base. Cela va de la Shelby GT 500 à la Camero SS en passant par Skyline GT-R. Ce chiffre, peut être un faible pour un jeu de voiture, ne doit pas vous freiner car la plupart des véhicules peuvent changer de spécialisation. Il existe cinq « spéc. » dans The Crew : dirt, street, perf, raid et circuit. Pour faire simple, chaque spécialisation change le comportement de la voiture. Il est également possible de modifier l’apparence des véhicules : le choix est assez large, bien que les prix pratiqués soient parfois étranges. Pour acheter de nouvelles voitures et débloquer de nouvelles classes, il faut se diriger vers les grandes villes du pays. Sachez qu’en plus de pouvoir acheter les véhicules avec l’argent du jeu, il est aussi permis d’en acheter avec de réels deniers. Les plus pressés apprécieront.

Composante pseudo-MMO oblige, on gagne de l’expérience en remportant des courses et en réussissant différents objectifs éparpillés un peu partout sur la carte. Il existe, au total, cinquante niveaux. Notre véhicule peut également monter en grade : le niveau maximum est de 1299. Pour faire évoluer un véhicule, il faut équiper les véhicules des meilleurs pièces possibles. On peut les remporter notamment en réussissant des défis. Enfin, un système de compétence permet d’améliorer légèrement nos capacités.

Générique de fin

C’est surtout techniquement que The Crew paie le prix de son ambition. Visuellement, on est face à un jeu loin d’être moche, mais également loin d’être beau. Un constat mitigé, la faute à de nombreuses tares graphiques (aliasing, clipping) et à des textures vagues et franchement génériques. Heureusement, tout n’est pas a jeter : les voitures sont soignées et les effets assez réussis. Dans l’ensemble, l’expérience est plutôt concluante. Certes, on a clairement vu mieux, mais rarement aussi grand. On imagine que le développeur a dû faire des concessions. Musicalement, les bruitages sont corrects et la playlist est varié. Les sept radios n’arrivent pas à égaler celles de GTA V, mais arrivent tout de même à proposer quelque chose de cohérent. Pour notre part, on retient surtout la présence de When A Fire Starts to Burn de Disclosure.

NOTRE NOTE : 60%

n’a réussi qu’à moitié son pari. Si la carte, véritablement immense, est bien à la hauteur de nos espérances, on ne s’attendait pas en revanche à ce que le reste soit aussi décevant. Gameplay sans génie, technique souffrant de nombreuses lacunes et à l’aspect générique, scénario bateau, le titre paie le prix de son ambition de diverses manières. Heureusement, The Crew a pour lui son terrain, son contenu, son système de spécialisation et sa composante multi. Pas parfaite, cette première expérience s’avère malgré tout relativement fun. On espère seulement que la prochaine fois il y aura moins de concessions de faites.

 

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