TESTS

The Escapists

A l’instar de Prison Architect, nous invite à prendre la clé des champs. Véritable simulateur d’évasions carcérales, le titre édité par la Team17 ne mâche clairement pas le travail aux joueurs. S’évader n’est pas une mince affaire : détermination, sens du timing, imagination, les qualités requises pour passer à travers les grilles sont nombreuses, mais c’est le prix de la liberté. S’il est facile de faire un parallèle entre Prison Break et The Escapists, un détail différencie cependant sensiblement de Michael Scolfied du personnage que l’on incarne: vous n’avez pas les plans de la prison tatoués sur votre corps. Test d’un titre aussi frustrant qu’épique.

Mis en early access sur Steam le 20 août 2014, le second titre du développeur Mouldy Toof Studios est finalement arrivé dans une version définitive en février dernier sur PC et Xbox One. Voyons ensemble ce que vaut l’adaptation console du jeu.

Prison Break

Notre objectif dans The Escapists est simple : prendre la poudre d’escampette. Pour ce faire, autant dire que tous les moyens sont bons. Le titre n’a qu’une limite : votre imagination. Les techniques sont nombreuses, les situations variées, les problèmes aussi. Prison oblige, on ne peut pas faire ce que l’on veut, quand on veut. Nos actions sont régulées par rapport à un emploi du temps strict qu’il faudra respecter sous peine d’attirer l’attention des gardes. Ainsi, il faut jongler avec les différents moments de la journée : il y a l’appel du matin, le déjeuner, les séances de sports etc. Un autre facteur important est à prendre en considération, les autres prisonniers. Ces derniers peuvent aussi bien vous aider, contre des services, que vous nuire. Notre prisonnier, pour survivre dans cet univers souvent hostile, peut améliorer ses conditions physiques. En allant à la salle de sport, il est possible via deux petits jeu de rythme de gagner en force et en endurance. Deux caractéristiques importantes qui permettent aussi bien de frapper plus fort que d’avancer plus vite. De même, en augmentant notre intelligence, on peut créer des objets de plus en plus utiles. En parlant de ça, les objets sont au coeur même du gameplay du jeu. C’est en créant et en amassant des objets que l’on augmente nos chances de voir l’autre côté du barbelé. L’inventaire est large : du DVD au drap en passant par le savon caché dans une chaussette, autant dire qu’il y a de quoi faire.

C’est d’ailleurs là que le titre de Monldy Toof Studios risque de partager. Piètre pédagogue, le jeu se réserve le secret de l’utilité des items : c’est à nous de découvrir les combinaisons permettant de créer de nouveaux objets. Ultra complet (il est possible de « crafter » plus de 170 objets), le système de fabrication se montre cependant bien trop obscure au début. Si en soi il est facile à utiliser, trouver des combinaisons est un travail de longue haleine, fait de tentatives ratées, de petits coups de pouces (contre quelques pièces durement gagnées en remplissant des missions ou en prenant un métier), mais surtout de multiples recherches sur la toile. Un peu comme dans Minecraft, si vous ne voulez pas perdre votre temps, l’idéal est d’opter pour la dernière solution.

La stratégie de l’échec

The Escapists est l’incarnation même de cette stratégie : l’échec fait fondamentalement parti du jeu. S’évader est un travail de longue haleine. Les six prisons qui composent le jeu ont chacune une logique propre, il nous faut donc à chaque fois analyser les règles, la construction des lieux, comprendre les rondes des gardes, chercher où se situe les caméras, etc. Au début, on est un peu perdu et c’est bien normal : le jeu se contente d’un très léger didacticiel pour nous expliquer comment il fonctionne. Jeté dans une prison, on est alors livré à nous même. Un parti pris qui paie : s’il peut paraître rude, le titre nous force à nous prendre en main et à chercher à le comprendre. On a vraiment l’impression d’avoir à faire à une simulation d’évasion carcérale (même si certains défauts nous rappellent qu’il s’agit bien d’un jeu). Par exemple, après avoir creusé dans un mur, inutile de croire que les gardes ne verront rien : au contraire, ils verront et ils confisqueront vos objets. Retour à la case départ. Il faut anticiper nos actes : avant de terminer de creuser le mur, il vaut donc mieux prévoir quelque chose pour justement combler le trou. Minutieux, méthodique, perfectionniste, logique, les qualités pour s’évader ne manquent pas. Bien sûr, il est toujours possible de créer une mutinerie, mais il faudra être rapide!

Visuellement, The Escapists joue la carte du style rétro. Totalement en 8 bits, le titre ne brille pas par son originalité graphique. Pour sûr, ce parti pris ne plaira pas à tous. Dans l’ensemble, ça reste propre et sans bavure. A noter que la version Xbox One dispose d’une nouvelle interface très réussie. Musicalement, rien de frappant : les sonorités sont agréables, mais se montrent un peu trop répétitives.

NOTRE NOTE : 75%

Au final, The Escapists est une bonne pioche. Cette simulation d’évasion carcéral au look totalement rétro propose un gameplay très efficace et une excellente durée de vie soutenu par un challenge omniprésent. Une difficulté épicée qui risque de partager les joueurs : en effet, au delà du style graphique que certains jugeront un peu facile, le concept même du titre de Mouldy Toof Studios ne parlera clairement pas à tous. Il ne faut avoir peur ni de l’échec, ni de l’inconnu, le jeu ne prenant aucun gant avec le joueur. The Escapists qui peut se montrer aussi bien grisant que frustrant. Les férus de challenge apprécieront, les curieux un peu moins probablement.

 

The Escapists
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