Test de Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate HD (XBOX 360)

La franchise Castlevania aura connu des hauts et des bas. Originellement proposée en format 2D, Castlevania (Akumajō Dracula en Japonais) débuta en 1986 et fut adapté sur un large panel de consoles à travers les âges. Toujours d’excellente qualité, la franchise Castlevania faillit bien se briser les dents définitivement lors de son passage en 3D sur N64 avec deux épisodes vraiment très moyens. Forte heureusement, Castlevania eu un peu plus de chance que certains autres et est parvenu à retomber sur ses pattes en renouant avec la 2D pour un petit bout temps jusqu’à l’arrivé de Castlevania : Lament of Innocence en 2004 sur PS2, détrôné depuis par Castlevania : Lords of Shadow un beat ‘em all 3D qui ne plaira pas à tous le monde (notamment aux fans des bons vieux Castlevania 2D comme moi) mais qui reste indéniablement un très bon titre pour son genre.

 

Sortie sur 3DS en mars dernier, Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate connu un succès fort mitigé. Censé faire le pont entre Castlevania : Lords of Shadow et sa suite, cet épisode sous format 2.5D fut vivement critiqué pour être totalement vide d’âme et d’intérêt. Porté désormais sur le Xbox Live Arcade, ne vous attendez pas à une révolution comparée à la version portable du titre. Pour celles et ceux qui auraient loupé le coche, récapitulatif dans ce test.

Trois destins, une histoire

Tout d’abord, il serait bon de rappeler que si vous n’avez encore jamais touché à Castlevania : Lord of Shadow et que vous comptez vous y mettre, commencer par Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate est à proscrire car, bien évidement, du spoil est au rendez-vous. Ne lisez pas ce qui va suivre, donc. A la fin de Castlevania : Lords of Shadow, Gabriel Belmont – père de Trevor – devient le nouveau seigneur des ténèbres après l’avoir vaincu, passation de pouvoir qui n’est pas explicitement expliquer cependant. Plusieurs années ont passées entre les événements de Castlevania : Lords of Shadow et de Mirror of Fate. Simon Belmont, qui n’a jamais revu son père après que ce dernier soit parti à son tour combattre dracula et qui perdit sa mère à un âge jeune, part alors à la recherche de Dracula pour détruire celui qu’il considère responsable de la mort de son paternel plusieurs années auparavant. Simon n’est pas le seul protagoniste jouable dans cette aventure, la présence d’Alucard et de Trevor Belmont étant au programme avec un twist assez « what the fuck » entre ces deux personnages.


2D et Beat ‘em All

Cela peut paraitre bizarre si on connait un temps soit peu la série mais Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate mêle bel et bien environnement 2D avec un gameplay orienté beat ‘em all avec possibilité d’enchainer des combos au fouet, arme de prédilection les chasseurs de vampires. Malheureusement, si le concept est sympa, il est sous-exploité. Les combos sont simplistes, pauvres et ne différent pas énormément entre les différents personnages. Finalement, on spam le bouton X comme un gros débile pour les enchainer, appuyer sur A tout de suite après avoir donner un coup permettant de propulser la cible en hauteur et de l’enchainer dans les airs. Ça marche les premières minutes mais devient incroyablement répétitif à la longue. Des « Finish Moves » sont de la partie. Une fois un ennemi suffisamment épuisé, ce dernier éventuellement apparaitra en surbrillance. Pressez alors la gâchette gauche pour effectuer un coup meurtrier. Il existe plusieurs prises variant en fonction de l’ennemi ciblé. Si le fouet s’avère être prioritairement une arme, ce dernier deviendra également par la suite un moyen d’atteindre des zones inaccessibles autrement en vous balançant ou en faisant du rappel, les prises étant constamment indiqués par une petite source de lumière bleuâtre. Cela nous amène à un problème qui gâche un peu plus l’expérience de jeu : l’assistanat permanent.


Suivez la flèche

Si vous avez déjà touché à un Castlevania 2D, vous ne me contredirez pas quand je dis que parcourir un château de Dracula équivaux à parcourir un labyrinthe. Back tracking permanent pour atteindre de nouvelles zones alors inaccessibles tant qu’on n’avait pas le bon pouvoir, il arrivait de passer et repasser dans certaines pièces afin de dénicher le passage qui nous permettrait de continuer l’aventure. Cela pouvait prendre un paquet de minutes et fait (selon moi) l’un des charmes de la franchise. Là, une flèche rouge sur la map nous indique constamment la direction à prendre pour atteindre le prochain objectif. Une aide appréciable certainement pour les non-initiés mais un tue l’amour pour les habitués de la licence. Cela a pour  effet également de diminuer du coup la durée de vie (déjà pas bien longue) d’un titre à la difficulté plutôt tranquille. On notera la présence de checkpoints un peu partout qui remplacent les points de sauvegarde et régénération des épisodes précédents.


Un sous Castlevania ?

Malheureusement oui et ce à tous les niveaux. Esthétiquement parlant, la dimension cellshadé de ce Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate n’est pas un mal en soit. Avec un léger lifting pour cette version console de salon, les personnages sont plutôt sympas et détaillés. Malheureusement, ça en reste là. Trop souvent sombre, les environnements proposés manquent cruellement de détails et de charisme. On avait mieux sur Gameboy Advance. Niveau sonore, si les musiques ne sont pas mauvaises globalement, où sont donc passés les thèmes ultra gothiques symphoniques ? Là, les thèmes sont discrets (trop discret), touchant presque à l’atmosphérique, rendant les phases d’exploration encore plus plates qu’elles ne le sont déjà. Le doublage n’est pas en reste. Entièrement en anglais sous-titré en français, le jeu d’acteur frôle le minable avec des lignes de texte inintéressantes, à l’image de son scénario, et des intonations fausses. La notion 2.5D n’est finalement que très peu mise en avant, offrant par moment un angle de vue différent lors des combats de Bosses mais ça ne va pas plus loin.

Le Verdict de Shane : 55%

Aie, Aie, Aie ! Un épisode que beaucoup attendaient au tournant et qui se termine en douche froide. Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate est une déception. Censé introduire Castlevania : Lords of Shadow 2, il ne nous apprendra finalement pas grand-chose de plus que l’on ne sait déjà. Ce scénario médiocre prend même quelques libertés assez douteuses quant à une étrange relation liant Alucard et Trevors Belmont. Il ne reste pas grand-chose à sauver si ce n’est son côté Beat ‘em All simpliste mais rafraichissant ainsi que ses phases de bosses encore correctes qui le sauve tout juste de la noyade. Castlevania : Lords of Shadow – Mirror of Fate n’était pas une révolution sur 3DS, il n’échappe pas à la règle sur console de salon. De plus, aucun bonus ne vient gratifier cette version HD. Pour ceux qui voudrait tout de même tenter l’aventure, le titre est disponible à bas prix (encore heureux !) sur XBLA et le Playstation Network.

Par Shane Valentine

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