Test Metroid Prime 4 : Beyond. Samus Aran enfin de retour, et en pleine forme sur Switch 2 !
Après huit ans d'attente depuis son annonce à l'E3 2017, et un développement chaotique marqué par un redémarrage complet confié à Retro Studios en 2019, Metroid Prime 4 : Beyond est enfin là. Sorti hier, le 4 décembre 2025, sur Nintendo Switch et surtout sur Switch 2, ce quatrième opus de la trilogie Prime arrive avec dix-huit ans de retard par rapport à Metroid Prime 3 : Corruption. Les fans peuvent enfin reprendre le viseur dans la peau de Samus Aran, la chasseuse de primes légendaire. Mais ce retour tant espéré vaut-il le coup ? Après une vingtaine d'heures passées sur la planète hostile de Viewros, la réponse est un grand oui, même si quelques ombres au tableau tempèrent l'enthousiasme. Retro Studios livre un Metroid Prime fidèle à ses racines, sublimé par la puissance de la Switch 2, et qui s'impose déjà comme l'une des meilleures exclus de la console.
Une nouvelle menace, mais des compagnons envahissants
L'histoire commence sur les chapeaux de roues : Samus intervient lors d'une attaque des Pirates de l'Espace sur un centre de recherche de la Fédération Galactique. L'artefact convoité explose, projetant notre héroïne sur Viewros, une planète inconnue balayée par des tempêtes de sable. Là, elle rencontre Vooloon, le dernier survivant du peuple Lamorn, une civilisation ancienne aux pouvoirs psychiques. En échange d'une aide pour activer un téléporteur géant (en collectant cinq clés disséminées dans des donjons), Samus hérite de ces fameuses capacités mentales.
Le récit se concentre sur l'archéologie galactique et les secrets des Lamorn, avec des logs et scans pour enrichir le lore, du pur Metroid. Sylux, le chasseur rival teasé depuis des lustres, joue un rôle antagoniste, mais reste sous-exploité, laissant présager une suite. Malheureusement, des rescapés humains de la Fédération (un ingénieur comique lourdingue, un vétéran taciturne, une recrue fan de Samus) cassent l'isolement cher à la série. Leurs dialogues clichés et missions d'escorte (tuer des vagues d'ennemis en les protégeant) plombent le rythme solitaire. Samus reste muette, ce qui accentue les silences gênants lors des cinématiques. L'histoire est solide mais prévisible, portée par une narration environnementale magistrale.
La boucle classique boostée par l'innovation
Metroid Prime 4 : Beyond respecte scrupuleusement la formule : exploration en vue subjective, acquisition de pouvoirs pour backtracker, puzzles à base de scanner et plateforme précise. Viewros est divisée en donjons thématiques (jungle luxuriante, usine orageuse, mine glacée) reliés par la Vallée Del Sol, un hub désertique immense. C'est là que débarque la Vai-O-La, la moto de Samus : boost, dérapages, canon multi-cibles pour briser des cristaux verts (qui upgradent l'équipement). Elle fluidifie les trajets, mais le désert vide frustre, du padding pur pour gonfler les 15 à 20h de l'histoire principale.
Les pouvoirs psychiques volent la vedette : télékinésie pour déplacer objets, missile téléguidé (ralenti temporel pour viser), vision psychique pour scanner l'invisible. Ils s'intègrent parfaitement, rendant les puzzles ingénieux et l'exploration addictive (environ 30h pour le 100%). Le scanner est essentiel : lore, faiblesses ennemies, mécanismes cachés. La carte marque les zones inaccessibles, pratique ! La progression est linéaire mais généreuse en secrets (énergie, missiles). Petit bémol : hand-holding excessif (rappels radio, objectifs imposés) et sauvegardes manuelles risquées.
Tendus, tactiques, inoubliables
Les gunfights ne sont pas bourrins : verrouillage plus visée gyro ou mode souris pour précision chirurgicale. Les tirs élémentaires (feu, glace, plasma) ont des munitions limitées, forçant la stratégie, brillant en mode Difficile (NG+). Le bestiaire varié récompense l'adaptation. Les boss ? Épiques ! Endurance, phases d'observation, multi-approches : du Aberax géant aux gardiens Lamorn, ce sont les sommets du jeu, avec OST qui déchire.
Contrôles Switch 2 : Révolutionnaires. Gyro fluide, mode souris Joy-Con 2 (posez-le sur une table pour viser comme une vraie souris) est précis et seamless, idéal pour puzzles et duels. Modes Qualité (4K/60fps) ou Performance (1080p/120fps), portable impeccable (1080p/60).
Une vitrine pour Switch 2
Viewros est un régal visuel absolu, avec ses jungles verdoyantes grouillantes de vie bioluminescente, ses tempêtes électriques déchaînées qui illuminent les ruines organiques des Lamorn d'éclairs aveuglants, et ses mines glacées aux reflets cristallins hypnotiques. L'éclairage dynamique, boosté par un ray tracing partiel sur Switch 2, crée des ombres réalistes et des réflexions somptueuses sur les flaques d'acide ou les armures ennemies. Les particules sont folles : sable tourbillonnant, spores flottantes, explosions de plasma qui emplissent l'écran sans jamais alourdir les performances. Zéro pop-in, textures 4K ultra-détaillées et une distance d'affichage hallucinante qui rend l'horizon du désert Vallée Del Sol immersif à perte de vue.
Sur Switch 2 dockée, c'est du next-gen pur jus en 4K natif à 60 fps stables, avec option 120 fps en Performance pour les duels frénétiques. En mode portable, 1080p/60 fps écrase la concurrence hybride, avec une autonomie respectable de 4 à 5h. Les effets de profondeur de champ et le flou cinématique lors des scans renforcent l'immersion, tandis que les Joy-Con 2 avec leurs capteurs avancés et vibrations HD Rumble 2.0 font vibrer chaque impact de missile comme si vous portiez vraiment la Power Suit. Quelques chutes rares à 50 fps en pleine tempête, mais rien de rédhibitoire : c'est la démo technique parfaite pour vendre la console.
Ambiance oppressante et OST magistrale
Kenji Yamamoto, de retour aux manettes, signe une bande-son psychédélique qui colle à la perfection à l'atmosphère alien de Viewros : des thèmes remasterisés des Prime précédents pour les fans, des envolées rock épiques lors des boss (écoutez le riff de guitare sur le combat contre l'Aberax géant, pure adrénaline) et des silences pesants, seulement brisés par le hurlement du vent ou le bourdonnement distant des Pirates, pour l'exploration solitaire. Les layers sonores s'empilent magistralement : échos dans les grottes Lamorn, crépitements électriques dans l'usine, craquements de glace sous les pas de Samus.
Le sound design est immersif à souhait : canons qui chargent avec un vrombissement grave, impacts de missiles qui résonnent dans la poitrine via le Rumble 2.0 et cris extraterrestres qui glacent le sang. Pas de voix off intrusive (Samus reste muette, fidèle à la série), mais les logs audio des Lamorn, narrés d'une voix éthérée, enrichissent le lore sans casser le rythme. En casque spatial audio (compatible Switch 2), c'est une expérience 3D qui vous enveloppe totalement : recommandé à 100% pour savourer les subtilités, comme le souffle rauque des ennemis approchants dans le brouillard.
Verdict : 8/10 - Un retour triomphal, malgré quelques scories
Metroid Prime 4 : Beyond n'invente pas la roue, mais la fait tourner à plein régime avec une fidélité impeccable à l'ADN de la série Prime : exploration envoûtante, puzzles ingénieux, combats tactiques au millimètre et une atmosphère oppressante qui vous colle à la peau bien après l'extinction de la console. Pour 25 à 30h de campagne principale étirables à 40h en 100% (et un NG+ qui booste la rejouabilité avec des modes hardcore), c'est du pur bonheur pour les fans, sublimé par la technique éblouissante de la Switch 2 qui en fait une exclusivité incontournable au lancement.
Le hub désert vide, les missions d'escorte avec compagnons clichés, la linéarité un poil trop guidée et un backtracking parfois redondant déçoivent, rendant l'ensemble moins audacieux et innovant que ce qu'on pouvait rêver après tant d'années d'attente (Metacritic autour de 80, le plus bas de la trilogie Prime). Pourtant, Retro Studios a sauvé les meubles avec brio, livrant un opus qui honore Samus et pose les bases d'une suite inévitable avec Sylux. Si vous adorez les metroidvanias FPS solitaires, foncez : c'est l'extase nostalgique modernisée.
Par NovaJoy