Surgeon Simulator 2013 (PC)

Les simulations. Qui ne c’est pas déjà laissé tenter au moins une fois ? Qui n’a jamais cru trouver sa vocation, le job idéal on jouant à Demolition Simulator ou encore le sympathique Euro Truck Simulator 2 ? Si l’idée peut avoir du bon, les adaptations valant le détour ne sont pas légion. Souvent (trop souvent) de piètre qualité, les simulateurs sont la cible de moqueries qui ternissent toujours un peu plus le genre.

C’est ainsi que le studio « Bossa Studios » vain avec une idée pour le moins étonnante : réaliser une simulation de chirurgie en 48 heures chronos. Ai-je dis simulation ? Il n’en a que le nom. Surgeon Simulator 2013 est un titre totalement décalé et à la médiocrité assumé. Tout d’abord présenté gratuitement en jeu flash, Bossa Studios étoffa le tout et proposa l’idée sur le Greenlight de la plateforme Steam. Le buzz ne se fit pas attendre et voilà le titre finalement commercialisé.

Je suis chirurgien informaticien 

Vous incarnerez Nigel Burke, un parfait amateur en chirurgie, peut-être rêvant de pouvoir s’identifier au docteur Ross de la série télévisée Urgence afin de faire tomber toutes ces dames sous son charme ravageur. Manque de peau pour nos chers patients, Nigel est aussi doué qu’un manche et s’est probablement fait amputé du bras droit. Vous savez certainement ce que l’on dit habituellement de la main gauche. Alors comment contrôler le bousin ? Il vous faudra synchroniser les actions de votre unique bras via la combinaison clavier + souris – le clavier pour contrôler chacun de vos doigts et la souris pour bouger votre bras, le tourner ou encore l’abaisser. Pas de tutorial au programme si ce n’est l’écran des menus qui n’est ni plus ni moins que votre bureau sur lequel vous pourrez interagir avec tout un tas d’objets histoire de vous faire la main (ceci n’était pas du tout intentionnel).

Comme mentionné dans l’intro, Surgeon Simulator est un jeu à prendre au second degré. Rien que les premières secondes vous mettent dans le bain. Manipulation maladroite des objets, possibilité de perdre sa montre dans le corps du patient, pas de port de gant de la part de Nigel, vue psychédélique en cas de piqûre involontaire avec une seringue… Bref, du grand n’importe quoi. La maniabilité est également exécrable mais totalement assumé. Les développeurs eux-mêmes ont avoués avoir encore du mal à contrôler pleinement leur création. Il n’est pas rare de galérer pendant une bonne minute avant de parvenir à attraper l’objet souhaité ou alors de prendre un autre objet déposé juste à côté de celui dont vous avez besoin. Cela peut sembler tout à fait injouable mais on parvient, cependant, à faire des progrès après quelques minutes de jeu. Une prise en main parfaite reste encore utopique.

C’est ma vie, ma bataille

Techniquement, Surgeon Simulator est un jeu loin d’être à tomber. Développé en 48 heures, il tient cependant la route. La modélisation générale des divers objets est crédible, la bande son – bien que minimaliste – est correcte si on met de côté cette musique répétitive lors des phases d’opération. De plus, Surgeon Simulator se targue d’être bourré d’easter eggs. Pour ma part, un seul m’est paru évident : la respiration du patient étant celle de Dark Vador. Au total, Surgeon Simulator 2013 vous propose de jouer les pseudos chirurgien au travers de 6 missions – chaque nouvelle mission se débloquant après avoir passé la précédente avec brio. Autant dire que cela risque de vous demander un petit moment. Alors, concrètement, quoi faire ? Dans chacun des cas, vous disposerez de tout un tas d’objets plus ou moins utiles pour venir à bout de l’opération. Délicatesse et précision sont de rigueur afin de ne pas démarrer un début d’hémorragie chez notre patient. Un compteur sanguin vous indiquera le nombre de goutes de sang restant dans le corps du malade. Atteignez zéro et c’est le drame. Pour éviter ce fait, stopper l’hémorragie à l’aide de grands coups de seringue. Si les 3 premières se déroulent dans un bloc opératoire des plus conventionnels, les suivantes rehaussent la difficulté (comme si ce n’était pas suffisant) en vous proposant d’effectuer vos opérations à bord d’une ambulance en marche. Secousses garanties. Malheureusement, ces missions en ambulance sont exactement les mêmes que celles du bloc opératoire. 

Conclusion : 6/10

Un jeu à ne pas mettre entre toutes les mains. Si vous vous attendez à la simulation ultime, vous risquez de tomber de haut. Surgeon Simulator 2013 est clairement un hommage à toutes les bouses sorties à ce jour en terme de simulations. Mêlant une ambiance décalée à une prise en main exécrable totalement assumée, ce titre fait déjà le buzz et voit une communauté se former petit à petit. Bref, d’hors et déjà un incontournable dans le vaste monde du jeu indépendant et une véritable aubaine pour les masochistes en herbe qui aiment se faire du mal. Un douloureux plaisir tout de même vendu 10 euros. A méditer longuement avant achat donc.

Par Shane Valentine

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