Une conspiration qui sert de prétexte à du gore prévisible

L’histoire se déroule au 25e siècle. La Terre est devenue inhabitable après une catastrophe. Les survivants de l’humanité se réfugient sur Trappist 1-E, une colonie menacée d’extinction à cause d’une stérilité généralisée. Pour sauver l’espèce, la colonie Aion utilise une technologie de voyage temporel afin d’enlever des femmes du passé et de les transformer en mères porteuses. Vous incarnez Violet Sinclair, arrachée à son époque, qui se réveille dans le complexe de bio-ingénierie d’Aion, désormais envahi par des dinosaures échappés et des forces hostiles. Votre but : gérer votre inventaire, percer les secrets sombres d’Aion, survivre et tenter de vous échapper lors d’un protocole d’évacuation chaotique.

Le pitch intrigue au départ avec ses thèmes de manipulation génétique et de voyage temporel. L’exécution reste cependant très laborieuse. Les cinématiques sont mal animées, le doublage anglais (seul disponible) est inégal et Violet manque cruellement de charisme. Elle passe son temps à pleurer, s’inquiéter et obéir sans réelle personnalité, très loin des figures comme Jill Valentine ou Lara Croft. Les twists finaux, même s’ils sont complètement délirants comme dans Quantum Error, arrivent trop tard et de façon confuse, sans aucun impact émotionnel. Les entrées de journal des victimes apportent un peu de lore intéressant, mais l’ensemble reste prévisible et très transparent. Le scénario sert surtout de prétexte à du gore gratuit et à des tenues provocantes pour Violet, avec une caméra qui zoome beaucoup trop souvent sur ses courbes. Ce fan-service mal assumé finit par devenir franchement gênant.

Des idées solides noyées dans la maladresse

Code Violet reprend les codes de Resident Evil et Dino Crisis : gestion d’inventaire très limitée (choisir entre armes, soins et outils), crafting basique (munitions, grenades, médkits), puzzles environnementaux, stealth optionnel via la “GlassVeil” (invisibilité temporaire assez comique) et combats en vue third-person. Vous affrontez surtout des raptors (gros et petits), des dilophosaures cracheurs de venin et quelques boss hybrides. Les esquives à la Resident Evil fonctionnent correctement pour créer de l’espace, mais les ennemis sont spongieux, très prévisibles (ils foncent, swipent, répètent) et omniscientes. Le vrai stealth devient donc impossible.

Le principal problème reste le côté extrêmement clunky de l’ensemble. Les armes manquent totalement de poids, le combat est fade malgré les upgrades via les Mites (monnaie du jeu, sans microtransactions), la caméra se coince constamment en intérieur et les niveaux ressemblent à un interminable labyrinthe de couloirs qui séparent des arènes vides. Il n’y a pas de carte, l’exploration est très peu récompensée (quelques clés ou upgrades inutiles) et les extérieurs (prairies de transition) sont juste des couloirs verts sans intérêt. Les puzzles sont ambitieux sur le papier, mais deviennent souvent frustrants à cause des bugs (skybox qui ne charge pas, etc.).

Beau de loin, laid de près

Grâce à Unreal Engine 5, ray-tracing et Megalights, le jeu impressionne vraiment dans les vues lointaines : jungles hantées, néons futuristes, îles flottantes violettes. Sur PS5 standard, on reste à 30 FPS presque constant en 4K. Sur PS5 Pro, on monte jusqu’à 60 FPS. Les retours haptiques et les gâchettes adaptatives du DualSense ajoutent du punch au recul des armes et aux impacts.

Mais dès qu’on s’approche, les textures deviennent boueuses, les reflets criards, les animations raides et certains assets font très douteux (peintures générées par IA ?). Surtout, les bugs sont omniprésents : munitions infinies dans le stockage (partiellement patché depuis), armes qui disparaissent, crashes audio, saignements qui tuent sans raison. TeamKill Media promet des correctifs, mais au lancement, le jeu est parfois injouable.

Le 3D audio Sony reste excellent pour l’immersion : grognements directionnels, échos oppressants. La bande-son est correcte sans être mémorable.

Court et peu rejouable

Comptez 6 heures pour l’histoire principale, 3 à 4 heures supplémentaires avec un guide pour le Platine (21 trophées missables : cameos, œufs décoratifs, etc., sur difficulté Facile). Le New Game+ permet de finir le reste, mais l’absence de chapter select rend l’opération pénible. Les collectibles plaisent aux acharnés, mais il n’y a ni multijoueur ni véritable endgame.