Test de CASTLE OF ILLUSION

Remarque préliminaire : comme un goujat, et comme une atteinte à l’érudition, je n’ai pas joué à la version originale de ce Castle of illusion sortie sur feu la Megadrive en 1990. J’ai néanmoins cru comprendre que cette nouvelle mouture, full HD, reprenait les concepts et les environnements de son (illustre ?) ancêtre. En avant ? Oui, et avec bienveillance.

 

Est-ce que ça pique les yeux ?

Première chose qui frappe, et lourdement, le graphisme. 23 ans ont passé et ça se voit. Du début à la fin de l’aventure, on est constamment abasourdis par la poésie des décors et des ennemis. Et si le jeu est court (nous y reviendrons), l’expérience visuelle vaut son pesant de chips au paprika. Arrière-plans et éléments de gameplay, le rendu confine à la contemplation. Pour un peu on s’y arrêterait bien pour quelque agréable pique-nique. Nonobstant qu’au travers des six chapitres proposés notre ébahissement se pique de diversité. Notamment parce que les ennemis savent se faire coquets et singuliers. Ce qui n’est pas rien. Il n’est qu’à voir les images proposées ici.

Est-ce que ça fait mal aux oreilles ?

Quant à l’environnement sonore, il n’est pas inutile de préciser qu’il est juste agréablement justifié. De la musique d’ambiance confiant à la musique classique aux champignons qui font pouf, tout concorde à renforcer le côté zen et enfantin du jeu. Pour tout vous dire, même mourir devient léger. Pour l’histoire, on y est juste bien, serein, en paix. Comme dans un rêve de douceur ouatée. Les bosses eux-mêmes parviennent à se rendre sympathiques. Et ça, ce n’est pas rien. Non vraiment on est loin de l’atmosphère oppressive d’un FEAR ou d’un Resident Evil. Et ça, ce n’est pas rien non plus.


Est-ce que ça fait mal aux doigts ?

Encore une fois, non. L’aventure se terminant sans trop de stresse en 3 ou 4 heures, pad en main, on ne peut pas dire qu’on ait tout donné en terme de durée de vie. Même s’il faut préciser que la cible est sans équivoque les enfants, et plus précisément ceux qui n’ont pas encore opté pour la voie du sang (ce qui va vite advenir), les nostalgiques qui ont jusqu’ici réussi à ne point grandir risquent d’être piqués de déception. Un jeu dont les chapitres (6 au total), divisés en trois actes et dont le dernier fera systématiquement office de rencontre avec un Boss, restent très sommaires. Et que dire de la possibilité de refaire à foison un niveau où vous avez découvert la planque d’un 1up ou la rejouabilité infinie, sans punition, des niveaux que vous avez raté ? Tout est fait pour bannir la frustration. Pour les kids, et leurs parents, c’est bienvenu : ça fera moins de pads explosés sur le carrelage. Pour les plus grands : une casualisation un peu énervante. Même s’il n’est interdit, j’ai envie de dire conseillé, de se le faire avec les limitations que votre hardcore attitude aura jugé bon d’user.


Est-ce que ça fait mal au porte-monnaie ?

Oui et non. Dans l’absolu, 13 euros ça reste raisonnable et ça ne vous dégrève que de la pièce de bœuf du dimanche. C’est donc éthique et écologique ? Jamais tant que l’électricité tournera au nucléaire. En pratique, et ça nous intéresse beaucoup plus, ça reste cher pour un jeu aussi court. Yup. Il reste cependant la possibilité d’y voir une œuvre plus qu’un jeu, un voyage plus qu’une expédition. Et là, je dis oui. On négocie bien des tableaux d’illustres bons-à-mocheté à des millions d’euros …

Conclusion : 7/10

L’expérience est loin d’être désagréable, elle est même bienvenue et salutaire. Comme un pied-de-nez à l’orgie de sang, de sueur et de larmes dont l’industrie vidéoludique dans son ensemble nous gave de façon industrielle, ce Castle of Illusion est un moment intime entre votre moi adulte et votre surmoi tellement régressif. Sauter, courir, sauter, pouf un champi, … et quelques énigmes pas trop ardues, la collecte des joyaux ponctuera votre balade contemplative. Enfin, et puisque je n’en ai pas encore parlé plus haut, un système de score a été mis en place pour les super-players, avec des bonus de temps et de santé, pour continuer un peu plus longtemps l’expérience. Voilà.

Par Cédric Bouleau

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