Un gameplay intemporel, mais pas sans ajustements
Dès les premières minutes sur Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4, les sensations sont là. Les contrôles sont d’une précision chirurgicale, fidèles aux originaux, avec cette fluidité qui rend chaque grind, revert ou manual aussi satisfaisant qu’à l’époque. Le cœur du gameplay repose toujours sur des sessions chronométrées de deux minutes, où l’on enchaîne des tricks pour atteindre des objectifs variés : collecter les lettres S-K-A-T-E, battre des scores élevés, ou réaliser des défis spécifiques comme des gaps ou des destructions d’objets. La formule arcade, simple en surface mais d’une profondeur diabolique, reste addictive. Les mécaniques emblématiques comme le revert (introduit dans THPS3) et le skitchin (s’accrocher à des véhicules pour gagner de la vitesse, popularisé dans THPS4) sont de retour, et ce dernier est même intégré aux deux jeux pour plus de cohérence.
Cependant, tout n’est pas parfait. Les puristes regretteront que la structure de THPS4 ait été remaniée pour s’aligner sur le format en deux minutes de THPS3, au détriment de son exploration libre originale. Deux niveaux de THPS4 (Carnival et Chicago) manquent à l’appel, remplacés par trois nouveaux environnements : Waterpark, Movie Studio et Pinball. Ces ajouts sont réussis, avec un level design dans l’ADN de la série, mais ils ne compensent pas totalement l’absence de ces classiques. Les nouveaux venus apprécieront les options d’accessibilité, comme la possibilité de désactiver les chutes ou d’étendre la limite de temps à 60 minutes, mais les vétérans risquent de trouver ces ajustements un peu trop conciliants.
Un contenu généreux, mais parfois répétitif
Avec 16 niveaux (8 par jeu, plus les trois nouveaux), THPS 3 + 4 offre une durée de vie impressionnante. Chaque niveau regorge d’objectifs, de collectibles (comme des points de compétence ou des planches cachées) et de défis spécifiques à chaque skateur. Le mode Speed Run met vos réflexes à l’épreuve en vous demandant de compléter les objectifs dans un temps record, tandis que les Solo Tours proposent un endgame avec des défis hardcore pour les plus acharnés. L’éditeur de skateparks, enrichi avec des outils intuitifs, permet de créer et partager des niveaux personnalisés, prolongeant l’expérience à l’infini. Le mode multijoueur en ligne, cross-plateforme jusqu’à 8 joueurs, est un régal, avec des modes comme Trick Attack ou Graffiti qui rappellent les soirées endiablées d’antan.
Cela dit, la répétitivité des objectifs peut lasser. Collecter les lettres S-K-A-T-E ou atteindre un Sick Score revient souvent, et les PNJ suivent des trajets prédéfinis qui trahissent l’âge de la formule. Les nouveaux modes, bien que divertissants, n’apportent pas de révolution majeure. On aurait aimé plus d’innovation pour surprendre les fans de longue date, surtout après la ressemblance frappante avec THPS 1 + 2. Les 18 niveaux auraient pu être intégrés comme un DLC du premier remake, ce qui laisse une légère impression de redite.
Un casting étoffé et une personnalisation au top
Le roster est un des points forts de ce remake. Avec plus de 30 skateurs, on retrouve des légendes comme Tony Hawk, Steve Caballero et Chad Muska, mais aussi des étoiles montantes comme Chloe Covell, Aurélien Giraud ou Yuto Horigome. Des guests surprenants, comme Bam Margera, Michelangelo des Tortues Ninja ou même le Doom Slayer (exclusif à l’édition Deluxe), ajoutent une touche d’humour et de variété. Chaque skateur propose des défis uniques, renforçant la rejouabilité.
Le mode Créer un skateur est plus complet que jamais, avec des centaines d’options de personnalisation : tenues, planches, accessoires, et même des stats à améliorer via des points collectés dans les niveaux. Pas de microtransactions ici, tout se débloque en jouant, ce qui est un vent de fraîcheur dans une ère dominée par les DLC payants. J’ai passé un temps fou à équiper mon skateur d’une paire de New Balance Andrew Reynolds et à peaufiner son style, preuve que la personnalisation est un vrai plaisir.
Une réalisation modernisée, mais inégale
Visuellement, THPS 3 + 4 fait un bond en avant grâce au Unreal Engine. Les niveaux sont recréés en 4K/60 FPS (voire 120 Hz sur les écrans compatibles), avec des textures soignées et des effets de lumière convaincants. Les environnements emblématiques comme la Fonderie ou l’Université retrouvent une seconde jeunesse, tout en restant fidèles à leur design original. Cependant, le portage sur Nintendo Switch 2 souffre d’instabilité, avec des crashes occasionnels (j’en ai compté deux en 8 heures de jeu). Sur PS5 et Xbox Series X|S, l’expérience est plus fluide, mais certains visages de skateurs manquent de finesse, et les animations de déplacement hors tricks paraissent parfois raides.
La bande-son est un autre point fort. Fidèle à l’esprit des années 2000, elle mélange des classiques punk-rock et hip-hop (Goldfinger, The Distillers, Run-DMC) avec des ajouts modernes comme Machine Gun Kelly. Chaque note accompagne parfaitement l’énergie frénétique du jeu, même si les voix des PNJ manquent parfois de punch. Les bruitages, du crissement des grinds aux impacts des chutes, sont toujours aussi immersifs.
Une expérience nostalgique, mais pas exempte de défauts
Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 réussit l’exercice périlleux de moderniser deux classiques sans trahir leur essence. Iron Galaxy, malgré un passif mitigé (le portage PC de The Last of Us Part I), livre un travail solide, même s’il n’atteint pas l’excellence de Vicarious Visions sur THPS 1 + 2. La nostalgie est au rendez-vous, portée par un gameplay addictif, un roster varié et une bande-son qui sent bon l’époque de MTV et Jackass. Les ajouts comme les nouveaux niveaux, le skitchin généralisé et le mode en ligne enrichissent l’expérience, tandis que l’absence de microtransactions est un choix louable.
Mais le remake n’échappe pas à quelques écueils. La répétitivité des objectifs, l’absence de certains niveaux de THPS4 et une légère impression de déjà-vu par rapport au premier remake empêchent ce titre de briller autant qu’il aurait pu. Sur Nintendo Switch 2, les problèmes techniques ternissent légèrement l’expérience. Enfin, les puristes regretteront l’adaptation du format libre de THPS4 au moule plus rigide de THPS3.
- Points forts :
- Gameplay fluide et addictif
- Contenu généreux
- Personnalisation poussée
- Bande-son culte
- Absence de microtransactions
- Points faibles :
- Objectifs répétitifs
- Absence de certains niveaux de THPS4
- Problèmes techniques sur Switch 2
- Manque d’innovation majeure
Verdict final : 8/10
Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 est une lettre d’amour aux fans de la série et une porte d’entrée accessible pour les nouveaux joueurs. À 40 €, il offre un excellent rapport qualité-prix avec son contenu généreux et son gameplay intemporel. Si vous avez grandi avec les originaux, vous retrouverez instantanément vos marques, et les néophytes apprécieront les options d’accessibilité et la modernisation graphique. Cependant, la formule montre quelques signes d’essoufflement, et les ajustements apportés à THPS4 ne plairont pas à tout le monde. Ce n’est pas une révolution, mais un remake fidèle et fun qui mérite sa place dans votre bibliothèque, surtout si vous rêvez de claquer un 900 virtuel.
Par ShadowGunner