Test complet : Resident Evil Requiem – Le requiem parfait pour 30 ans de terreur

Lorsque Capcom a dévoilé Resident Evil Requiem lors du Summer Game Fest 2025, j'ai senti l'excitation monter. Vingt-huit ans après la destruction de Raccoon City, la saga survival horror la plus emblématique du jeu vidéo revenait avec un neuvième opus principal, promettant un équilibre entre horreur viscérale et action endiablée. Ayant enchaîné les remakes (RE2, RE3, RE4) et les récents Village et RE7, je me suis plongé tête la première dans ce Requiem dès sa sortie le 27 février 2026. Verdict après une douzaine d'heures intenses : c'est non seulement le meilleur Resident Evil à ce jour, mais un sommet du genre qui honore magistralement ses 30 ans d'histoire.

 

Un retour aux sources émouvant et cinématographique

Resident Evil Requiem se déroule en octobre 2026, dans un monde où les échos du virus T persistent sous une forme tardive et insidieuse. Vous incarnez tour à tour Grace Ashcroft, analyste du FBI introvertie et fille d’Alyssa Ashcroft (Resident Evil Outbreak), et Leon S. Kennedy, l’agent DSO aguerri que l’on ne présente plus. Grace enquête sur des morts mystérieuses liées à une infection virale, tandis que Leon traque une guérison pour une menace personnelle. Leurs chemins se croisent dans des lieux iconiques : l’hôtel abandonné de Wrenwood, les ruines irradiées de Raccoon City et d’autres sites hantés par les spectres d’Umbrella et d’un syndicat criminel.

Sans spoiler, le scénario est un chef-d’œuvre narratif. Il tisse habilement 30 ans de lore, de Spencer à Wesker en passant par Sherry Birkin, sans alourdir le néophyte, tout en récompensant les fans de longue date. Les dialogues sont percutants, mêlant tension dramatique, humour noir et one liners légendaires de Leon (« Juste une journée de boulot de plus »). C’est cinématographique à souhait, avec des cutscenes fluides et des twists qui m’ont littéralement cloué au canapé. Capcom réconcilie l’horreur intime de RE7 avec l’action épique de RE4 Remake, pour une émotion brute qui m’a même tiré quelques larmes.

 

L’équilibre parfait entre furtivité et baston gore

C’est ici que Resident Evil Requiem brille par son ambition. Le jeu alterne de manière fluide entre les chapitres de Grace et Leon, avec une innovation majeure : le switch à tout moment entre la vue à la première personne, par défaut pour Grace, immersive et oppressante, et la troisième personne, idéale pour Leon, fluide et stratégique. Sur PS5, cela fonctionne à la perfection, sans temps de chargement.

Grace : l’horreur pure.
Ses sections sont un cauchemar survival horror old school revisité. Ressources ultra limitées, un briquet pour l’éclairage qui attire les monstres, des bouteilles pour distraire, des injecteurs hémolytiques craftés à partir de sang infecté. Elle doit ramper, se cacher sous les lits, esquiver des zombies « vivants » qui gardent leurs souvenirs, comme des policiers armés ou des chefs cuistres géants. J’ai eu les mains moites dans les couloirs sombres de l’hôtel Wrenwood, fuyant une abomination aux yeux exorbités. C’est tendu, parfois injuste, terrifiant et totalement addictif.

Leon : l’action jubilatoire.
L’agent iconique enchaîne les coups de pied circulaires sur des hordes, pare avec sa hachette à la durabilité limitée et améliore ses armes via des caisses de ravitaillement alimentées par des crédits gagnés sur les éliminations. Le combat est fluide, le gore explosif, les zombies éclatent en véritables fontaines de sang et les boss mutés sont épiques. J’ai adoré les séquences dans les ruines de Raccoon City, entre une version revisitée d’un Nemesis et des affrontements environnementaux intenses.

Les puzzles classiques, codes de coffres, gemmes scintillantes, chasses aux objets, sont cohérents entre les différentes parties et favorisent la rejouabilité. La gestion d’inventaire en grille reste un régal, tout comme le crafting intuitif. Comptez 10 à 13 heures en difficulté Standard, mais le post game avec ses déblocages et ses modes infinis m’appelle déjà pour une seconde run.

 

Un régal visuel et sonore sur RE Engine

Le RE Engine, affiné au fil des opus depuis Resident Evil 7: Biohazard, fait des merveilles dans Requiem et déploie tout son potentiel technique. Le ray tracing transforme les environnements avec des réflexions globales d’une précision chirurgicale, tandis que la simulation des cheveux en strands et les modèles de personnages photogrammétriques rendent Grace et Leon plus humains que jamais. Leurs expressions faciales trahissent la peur et la détermination en temps réel.

Les ruines irradiées de Raccoon City sous une pluie torrentielle sont un pur chef d’œuvre : flaques miroitantes, particules d’eau réalistes, brouillard volumétrique et éclairages dynamiques instillent une mélancolie photoréaliste, comme si l’on foulait un véritable cimetière hanté.

Sur PlayStation 5, la performance est irréprochable : 4K natif à 60 fps ultra stable, sans tearing ni ralentissements, même lors des hordes de zombies ou des boss mutés épiques. Activez le mode Performance pour viser les 120 fps avec une moyenne autour de 90, ou restez en mode Qualité pour profiter d’un ray tracing partiel. Le résultat surpasse clairement Resident Evil Village et Resident Evil 4 en termes de finesse globale.

Sur PlayStation 5 Pro, c’est l’extase : ray tracing complet, et même path tracing sur PC haut de gamme, en 4K à 60 fps, avec des ombres et des reflets qui transforment chaque cutscene en véritable film d’auteur.

L’audio, lui, est une arme de terreur massive. Le design sonore immersif à 360 degrés vous enveloppe : bruits de pas étouffés qui trahissent votre position, grognements viscéraux, chairs lacérées qui crissent sous les balles, nouvelle technologie de réverbération qui fait résonner les cris dans les couloirs labyrinthiques de l’hôtel Wrenwood.

La bande son orchestrale, signée Nao Sato, déjà magistrale sur Village, monte en crescendos lors des séquences tendues, mêlant cordes stridentes et percussions martiales pour un effet viscéral. Les voix doublent la mise : Nick Apostolides incarne un Leon usé mais toujours badass, ses dialogues chargés d’émotion et d’humour noir claquant avec une justesse impeccable. Le retour haptique du DualSense fait vibrer la manette au rythme des impacts et des cœurs affolés.

En bref, une immersion totale qui m’a collé des frissons durables. Capcom élève encore l’art du survival horror à un niveau stratosphérique.

Verdict final : 9.5/10

Resident Evil Requiem n'est pas qu'un jeu : c'est un requiem pour les morts de Raccoon, un hymne à la saga, et une masterclass de survival horror. Capcom a écouté les fans, raffiné 30 ans d'expériences, et livré un titre incontournable qui m'a tenu en haleine comme jamais. Si vous aimez la série, foncez. Pour les autres, c'est l'occasion parfaite d'entrer dans l'univers zombie ultime.

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