Une aventure souterraine qui casse la baraque
Donkey Kong Bananza nous entraîne dans une quête épique au cœur de l’île Lingot, où Donkey Kong, mineur de profession, se retrouve propulsé dans un monde souterrain après une tempête déclenchée par la mystérieuse VoidCo, une bande de singes malveillants menée par Void Kong. Accompagné de Pauline, une jeune chanteuse de 13 ans à la voix magique, DK se lance dans une course contre la montre pour atteindre le centre de la Terre et déjouer les plans des vilains tout en amassant des bananes dorées. L’histoire, bien que légère, pose un cadre charmant et cartoonesque, avec un duo attachant qui évoque les meilleurs buddy movies d’animation. La relation entre DK, bourru mais expressif, et Pauline, timide mais évolutive, est le cœur émotionnel du jeu, même si le scénario reste dans la pure tradition Nintendo : simple, efficace, mais sans grande profondeur.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la direction artistique. Les graphismes en cel-shading explosent de couleurs, avec des environnements variés allant des canyons orangés aux plaines enneigées en passant par des jungles volcaniques. Chaque strate a une identité visuelle marquée, renforcée par une esthétique cartoon assumée. Le nouveau design de Donkey Kong, plus expressif avec des mimiques hilarantes, est une réussite totale, et les animations fluides donnent vie à chaque coup de poing ou saut. La Switch 2 montre ses muscles avec des textures détaillées (mention spéciale au pelage de DK !) et une profusion d’éléments à l’écran, bien que quelques chutes de framerate se fassent sentir lors des destructions massives. Rien de rédhibitoire, mais on aurait aimé une optimisation parfaite pour une console aussi récente.
Un gameplay destructeur et addictif
Le cœur de Donkey Kong Bananza réside dans son concept central : la destruction. DK peut tout casser (ou presque) : rochers, murs, sols, tout y passe sous ses poings puissants. Cette liberté de modeler l’environnement est grisante. Creuser des galeries pour dénicher des bananes, des fossiles ou des coffres secrets devient vite addictif, et le level design ingénieux encourage l’exploration hors des sentiers battus. Chaque strate regorge de secrets, de mini-jeux et de niveaux hommages en 2D qui raviront les fans des anciens Donkey Kong Country. J’ai passé des heures à tout retourner pour trouver ces collectibles, et la satisfaction de découvrir une caverne cachée est immense.
Mais Bananza ne se contente pas de tout détruire. Les transformations, activées par le chant de Pauline, apportent une variété bienvenue. Grâce à la « bananergie » (collectée en cassant des rochers ou en ramassant de l’or), DK peut se transformer en super-gorille pour tout pulvériser, en zèbre pour courir sur des surfaces fragiles, ou en autruche pour planer. Ces pouvoirs, bien intégrés aux défis des niveaux, changent la façon d’aborder l’exploration et les combats. Cependant, certaines transformations (comme l’autruche) m’ont semblé moins inspirées, et la jauge de bananergie se remplit si vite qu’on n’est jamais vraiment limité dans leur usage.
L’arbre de compétences, où l’on dépense des bananes dorées (cinq bananes = un point), ajoute une touche RPG légère mais efficace. Améliorer la force de DK, sa santé ou son sonar pour détecter les objets cachés donne une progression tangible, même si certaines compétences sont moins utiles selon le style de jeu. Les tenues, échangées contre des fossiles, offrent des bonus passifs (comme nager plus vite ou réduire les dégâts), mais leur impact reste souvent anecdotique.
Des forces, mais aussi des faiblesses
Si le gameplay est globalement une réussite, il met du temps à se déployer. Les premières heures, un peu trop faciles, souffrent d’une certaine répétitivité dans la collecte et les combats de boss, qui manquent de challenge. Heureusement, la difficulté s’intensifie dans les strates avancées, avec des défis secondaires (courses, combats chronométrés, casse-têtes) qui demandent précision et stratégie. Les niveaux hommages en 2D, avec leurs tonneaux et musiques rétro, sont un pur régal nostalgique, mais j’aurais aimé en voir davantage.
Côté narration, Bananza reste en surface. Les antagonistes de VoidCo sont intrigants mais sous-développés, et l’histoire ne creuse pas assez les thèmes qu’elle effleure (comme l’évolution de Pauline). Les dialogues, portés par le doublage français convaincant de Pauline, sont charmants, mais DK, muet, repose sur ses expressions pour briller.
Techniquement, le jeu est impressionnant, mais pas exempt de reproches. Outre les ralentissements occasionnels, la caméra peut être capricieuse dans les espaces souterrains étroits, et les temps de chargement, bien que rapides, sont parfois perceptibles. Le mode coop, où un second joueur incarne Pauline avec des attaques vocales, est amusant mais sous-exploité, et le mode DK Artist (pour sculpter des décors) est une curiosité sympathique mais anecdotique.
Un incontournable malgré ses imperfections
Donkey Kong Bananza est une réussite éclatante qui prouve que Nintendo sait encore surprendre. En misant sur Donkey Kong plutôt que Mario, la firme prend un risque payant, offrant une aventure 3D qui marie nostalgie et innovation. Le gameplay destructeur, les environnements riches et le duo DK-Pauline font de ce titre un incontournable de la Switch 2, même s’il souffre de quelques défauts (narration légère, ralentissements, transformations inégales). Avec une durée de vie d’environ 15 heures pour l’histoire principale et plus de 40 heures pour tout explorer, il y a de quoi s’amuser tout l’été.
Points forts :
- Gameplay destructeur addictif : La capacité de Donkey Kong à tout casser (rochers, murs, sols) offre une liberté grisante et encourage l’exploration.
- Direction artistique somptueuse : Graphismes en cel-shading colorés, environnements variés et animations expressives, notamment pour DK.
- Level design ingénieux : Chaque strate regorge de secrets, de mini-jeux et de niveaux hommages 2D, parfaits pour les fans nostalgiques.
- Transformations variées : Les pouvoirs (super-gorille, zèbre, autruche) diversifient le gameplay et s’intègrent bien aux défis.
- Progression RPG légère : L’arbre de compétences et les tenues ajoutent une personnalisation agréable.
- Duo attachant : La relation entre DK et Pauline, portée par un bon doublage, donne du charme à l’aventure.
- Durée de vie généreuse : 15 heures pour l’histoire, plus de 40 heures pour tout explorer.
Points faibles :
- Démarrage lent : Les premières heures sont trop faciles et répétitives, avec des combats de boss peu exigeants.
- Narration légère : L’histoire et les antagonistes (VoidCo) manquent de profondeur et de développement.
- Problèmes techniques : Quelques chutes de framerate lors des destructions massives et une caméra capricieuse dans les espaces étroits.
- Transformations inégales : Certaines, comme l’autruche, sont moins inspirées ou sous-utilisées.
- Mode coop sous-exploité : Le rôle de Pauline en coop est amusant mais manque d’ambition.
- Mode DK Artist anecdotique : La fonctionnalité de sculpture est sympathique mais peu approfondie.
- Temps de chargement : Bien que courts, ils sont parfois perceptibles.
Verdict final : 9/10
Donkey Kong Bananza est un jeu de plateforme 3D généreux, fun et visuellement splendide, qui redonne ses lettres de noblesse à DK. Malgré une narration discrète et quelques soucis techniques, il s’impose comme un pilier du catalogue naissant de la Switch 2. Si vous cherchez un défouloir intelligent avec une touche de nostalgie, ce gorille va vous faire vibrer. Allez, attrapez une banane et plongez !
Par NovaJoy