Interview Qwargs : l’application qui veut tout centraliser pour les collectionneurs de jeux vidéo
Qwargs s’est imposé en quelques années comme l’une des applications les plus ambitieuses dans l’univers de la collection de jeux vidéo. Entre reconnaissance intelligente, marketplace et volonté de créer un véritable écosystème autour de la passion du jeu, la plateforme se distingue par une approche très structurée des données. Dans cet entretien, son fondateur revient sur la genèse du projet, les défis techniques de l’IA, l’ouverture de la marketplace, la concurrence et la vision à moyen terme de Qwargs.
Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer Qwargs ?
C’est parti d’un besoin personnel. Quand j’ai eu l’idée de Qwargs, les applications de gestion de collection ressemblaient surtout à des Excel améliorés. J’ai donc voulu partir sur une approche différente : structurer la collection autour d’une véritable fiche de jeu plutôt que de laisser l’utilisateur renseigner librement des informations.
Cela permet d’avoir des données beaucoup plus propres et structurées, mais surtout d’offrir à toute la communauté de meilleurs résultats de recherche, de meilleures suggestions et, à terme, beaucoup plus de services autour de ces données.
Comment fonctionne exactement votre IA de reconnaissance de jeux (photo + code-barres) et quelle a été la plus grande difficulté technique pour la rendre fiable ?
Je ne vais évidemment pas dévoiler notre avantage concurrentiel. Ce que je peux dire, c’est que nous sommes justement en train de quitter les solutions basées sur des modèles tiers comme OpenAI pour développer une technologie dont nous maîtrisons entièrement la chaîne. L’objectif est d’être propriétaires de notre technologie et souverains sur cette brique stratégique.
La difficulté principale est de réussir à faire correspondre une photo, un scan de jaquette ou un code-barres avec la bonne référence parmi des centaines de milliers de jeux, versions, régions et éditions différentes. C’est beaucoup plus complexe qu’une simple reconnaissance d’image.
Comment se passe concrètement l’ouverture progressive de la marketplace et comment garantissez-vous la qualité des annonces ?
C’est quelque chose que nous allons accélérer très prochainement.
Et je peux même te donner une petite exclusivité : nous voulons être les premiers au monde à permettre à quelqu’un de mettre un jeu en vente en moins de trois secondes, montre en main. Pour la qualité des annonces, nous avons déjà intégré plusieurs systèmes de sécurité et de contrôle. Nous pouvons également compter sur une communauté de passionnés particulièrement vigilante, notamment lorsqu’il s’agit de repérer les contrefaçons. Notre objectif est que vendre sur Qwargs soit aussi simple et rapide que scanner un jeu dans sa collection.
Quel est aujourd’hui le plus gros frein à l’adoption de Qwargs chez les joueurs ?
Notre interface. Elle a été pensée par un collectionneur de presque 40 ans, qui aime probablement davantage le retrogaming que les jeux actuels. Elle répond donc très bien à mes propres habitudes, mais nous devons aujourd’hui penser Qwargs pour une génération beaucoup plus large de joueurs et c’est justement l’un de nos gros chantiers : nous allons repenser intégralement l’expérience utilisateur dans les prochains jours, avec une interface plus moderne, plus simple, plus ludique et surtout beaucoup plus accessible.
Comment avez-vous réagi à l’arrivée récente de Loadia sur le marché, et voyez-vous plutôt une concurrence frontale ou une complémentarité entre vos deux approches ?
Très mal au début. J’ai pour habitude d’assumer ce que je dis, et le tweet que j’ai publié à chaud est toujours en ligne. Mettez-vous à notre place : un acteur que nous ne connaissions pas, que nous n’avions jamais vu auparavant, arrive avec un positionnement très proche, des codes visuels similaires et réalise un Top 3 de l’App Store en seulement 24 heures. Forcément, ça fait réagir. Avec un peu plus de recul, nous avons aussi reconnu qu’il partait avec certains avantages, notamment sa notoriété sur les réseaux sociaux et sa capacité à communiquer efficacement. Nous avons depuis pu tester Loadia et il y a de bonnes idées. Bravo à lui.
De notre côté, nous n’avons jamais vraiment considéré les applications historiques comme de véritables concurrentes. Elles ont, selon nous, beaucoup trop dormi sur leurs acquis. Paradoxalement, l’arrivée de Loadia nous a fait beaucoup de bien : elle nous a réveillés, elle nous a poussés à nous remettre en question et à accélérer. La partie est loin d’être terminée.
Quels sont les prochains grands axes de développement que vous priorisez pour 2026-2027 ?
Il y en a trois principaux. D’abord, une refonte complète de l’interface avec une toute nouvelle expérience utilisateur, plus sobre, moderne et ludique. Ensuite, l’extension de la marketplace à l’ensemble des objets geek. Et la création d’un véritable flux social permettant de vivre sa passion au quotidien avec les 10 000 membres qui composent aujourd’hui la galaxie Qwargs.
L’objectif est que Qwargs ne soit plus seulement une application pour gérer sa collection, mais devienne un véritable écosystème autour de la passion du jeu vidéo et de la collection.
Comment voyez-vous l’évolution du marché de la collection physique face à la dématérialisation croissante des jeux ?
Nous ne sommes pas opposés à la dématérialisation. Ce qui nous dérange davantage, c’est la disparition progressive du choix. Certains joueurs veulent acheter leurs jeux en dématérialisé, d’autres veulent les posséder physiquement, et certains veulent faire les deux. Pour nous, les trois usages doivent pouvoir coexister. Concernant le suivi des jeux dématérialisés, nous l’intégrons déjà dans Qwargs, notamment via la saisie manuelle ou la synchronisation avec Steam. La question n’est donc pas de choisir entre physique et dématérialisé. Notre rôle est de permettre aux joueurs de gérer l’ensemble de leur bibliothèque, quelle que soit la manière dont ils la possèdent.
Si vous deviez résumer en une phrase la promesse de Qwargs aux joueurs, laquelle choisiriez-vous ?
Aujourd’hui, vous utilisez parfois six ou sept applications différentes pour gérer votre collection, regarder des vidéos, suivre les prix, acheter, vendre ou simplement partager votre passion. Notre ambition est de réunir tout cela au même endroit : Qwargs.
Merci à vous pour cette belle entrevue. De notre côté, nous allons conclure et vous souhaitons une belle réussite !
Le mot de la fin, entre refonte de l’interface, extension de la marketplace et construction d’un vrai flux social, Qwargs ne se contente plus de gérer des collections : l’application vise à devenir le point de rencontre unique des collectionneurs et joueurs. Face à la dématérialisation et à l’arrivée de nouveaux acteurs, l’équipe assume une ambition claire : rassembler au même endroit tout ce que les passionnés font aujourd’hui avec une multitude d’outils. La promesse est simple, et elle résonne fortement : faire de Qwargs le compagnon unique de sa passion du jeu vidéo.