Geppy-X : Un remaster d’un jeu culte des années 90… qui sent bon les 70’s
playstationinside.fr
Vous est-il déjà arrivé de regarder un animé rempli de combats de robots géants en vous disant : « Ça ferait un excellent jeu vidéo » ? C’est exactement ce qu’a imaginé une équipe de développeurs japonais à la fin des années 90 avec 70’s Robot Anime: Geppy-X, un titre PlayStation aussi atypique qu’ambitieux. Longtemps resté dans l’ombre, le jeu s’est progressivement forgé une réputation bien après sa sortie. Vingt-sept ans après, il revient désormais sur les plateformes modernes dans une version remasterisée par Implicit Conversions (sortie le 15 juillet 2026). Illustration de Geppy-X (2026) pour l’édition spéciale Les années 70 ont marqué une véritable révolution du divertissement télévisé au Japon. Cette décennie voit naître une multitude de séries destinées à la jeunesse, dont beaucoup sont encore considérées comme cultes aujourd’hui : Doraemon, Albator, Lupin III, Mazinger Z, Kamen Rider, Gundam ou encore Ultraman. Toute une génération de Japonais a grandi avec ces œuvres qui posaient les bases de genres encore balbutiants : le space opera à la japonaise, les robots géants, les héros en combinaison et plus globalement l’essor des effets spéciaux sur le petit écran. Le phénomène dépasse même les frontières du Japon. En France, des séries comme X-Or, Bioman ou bien sûr Goldorak ont marqué durablement les esprits. Cinquante ans après sa diffusion, ce dernier reste d’ailleurs une figure incontournable de la Japan Expo. L’héritage de cette époque dépasse largement les années 70. Les codes établis par ces séries ont inspiré d’innombrables créateurs et ils se retrouvent aujourd’hui dans des œuvres modernes comme Evangelion, L’Attaque des Titans, Kaiju No. 8 ou même Miraculous. Le jeu vidéo n’est évidemment pas resté à l’écart. Bien avant le retour en grâce actuel des robots géants, certains développeurs japonais des années 90 tentaient déjà de recréer la magie des dessins animés de leur enfance. Sorti exclusivement au Japon en 1999 sur PlayStation, Geppy-X est sans doute l’une des tentatives les plus ambitieuses en la matière. Développé par Aroma Cole, le jeu mélange shoot’em up et véritable série d’animation interactive. Malgré une production impressionnante et une passion évidente, le succès ne sera pas au rendez-vous. Une proposition peut-être tout simplement… trop originale pour son époque et trop ambitieuse pour un petit studio qui signera ici son dernier projet. Boite de jeu de Geppy-X (1999) sur PS1 À la découverte du jeu original Dès le lancement, le ton est donné. Un message du studio apparaît : « Ce jeu est dédié à tous ceux qui ont grandi dans les années 70. » L’écran suivant confirme immédiatement les intentions des développeurs : le logo d’Aroma Co. reprend presque plan pour plan l’introduction d’Ultraman (et d’Ultra Q). Deux génériques se succèdent ensuite. Le premier adopte une esthétique résolument moderne pour l’époque, avec un montage presque psychédélique, des robots en images de synthèse et une mise en scène évoquant des séries comme Batman Beyond. Le second effectue un virage à 180 degrés. Cette fois, tout semble provenir d’un anime oublié des années 70. Loin d’un simple plagiat, l’animation recrée avec un soin impressionnant les codes visuels de cette période. Ce n’est d’ailleurs qu’un aperçu de l’ambition du projet. Les développeurs se sont entourés de studios d’animation travaillant selon les méthodes traditionnelles et ont produit près de 8 000 dessins pour les nombreuses séquences animées du jeu. Le tout est supervisé par Yorihisa Uchida, connu notamment pour son travail sur plusieurs séries Gundam. Opening animé du jeu – Screenshot PS5 Une histoire familière… Une fois dans le menu principal, le mode Histoire relance l’opening, comme le ferait un véritable épisode de série télévisée. L’intrigue commence in media res. Dans un laboratoire, un professeur apprend à trois jeunes pilotes qu’un empire venu de l’espace menace une nouvelle fois la Terre. Sans perdre une seconde, il leur confie trois robots capables de repousser l’invasion. Les dialogues prennent la forme de visual novels typiques des micro-ordinateurs japonais des années 90, avec leurs portraits détaillés et leur mise en scène caractéristique. Screenshot de conversations dans Geppy-X (2026) Côté scénario, les inspirations sautent immédiatement aux yeux. Les amateurs de Goldorak reconnaîtront facilement des parallèles avec l’empire de Véga, le professeur Procyon, Alcor et Actarus. L’ensemble reste volontairement classique, chaque protagoniste développant progressivement sa propre personnalité au fil de l’aventure. Les trois pilotes prennent place dans leurs méchas. Une nouvelle cinématique se déclenche. Les trois robots fusionnent en … Geppy-X. Le gameplay prend alors le relais. Derrière toute cette mise en scène se cache un shoot’em up relativement classique, dans la lignée des productions PlayStation de l’époque. Deux types de tirs, des bonus à récupérer sur les ennemis et une progression qui se situe quelque part entre Gradius et les pluies de tirs d’un jeu d’un DonDonPachi. Gameplay de Geppy-X (2026) L’originalité vient toutefois du système de formation, À tout moment, il est possible de choisir quel pilote dirige Geppy-X. Ce choix ne se limite pas à l’apparence puisque chaque formation possède son propre tir principal, son arme secondaire, sa vitesse de déplacement et même une hitbox différente. Selon les boss ou les situations, certaines formes se révèlent nettement plus adaptées que d’autres. Chaque victoire devient un épisode Le premier boss ne tarde pas à apparaître sous la forme d’un mélange entre animal et robot géant, comme la plupart des futurs boss d’ailleurs. L’inspiration auprès des antagonistes des œuvres de Go Nagai (Goldorak, Mazinger) est, à nouveau, plus qu’évidente.Sa défaite déclenche immédiatement une nouvelle séquence animée où Geppy-X porte le coup de grâce dans une animation toujours aussi spectaculaire. Screenshot du premier boss de Geppy-X (2026) Mais une surprise attend le joueur : La cinématique varie selon la forme utilisée pour achever le boss. Utiliser le bon robot permet de débloquer une version plus longue et plus détaillée de la scène. Une excellente idée qui encourage naturellement à rejouer les niveaux pour découvrir toutes les variantes. Toutes ces animations sont d’ailleurs consultables par la suite dans le bestiaire du jeu. Une fois le boss vaincu, l’écran se fige. Un splash screen apparaît. Les amateurs de dessins animés japonais reconnaîtront immédiatement cette transition qui annonçait autrefois… la coupure publicitaire. Et Geppy-X pousse le concept jusqu’au bout. Après cette interruption fictive, le joueur découvre de véritables fausses publicités pour des jouets, maquettes ou produits dérivés de Geppy-X, réalisées tantôt avec des maquettes filmées en prise de vue réelle, tantôt sous forme de petits dessins animés. Publicité dans Geppy-X (2026) pour Geppy-X Publicité dans Geppy-X (2026) pour Geppy-X Puis un nouveau splash screen apparaît. L’épisode peut reprendre. Un second boss conclut le niveau avant de laisser place au générique de fin d’épisode. Chaque mission suit cette structure extrêmement codifiée : opening, première moitié de l’épisode, coupure publicitaire, seconde moitié puis ending. Les huit niveaux de la campagne reproduisent ce schéma avec une fidélité remarquable. Plus surprenant encore, le jeu renouvelle son opening et son ending au milieu de l’aventure, exactement comme le ferait une série télévisée entamant un nouvel arc narratif. Splash Screen de Geppy-X (2026) Une campagne courte mais riche en variations Comme tout Shoot’em up ou presque, l’aventure principale se termine rapidement, ici en moins de deux heures. Pourtant, Geppy-X possède une excellente rejouabilité. Un choix effectué au milieu du scénario détermine entièrement la seconde moitié de l’histoire et conduit à trois fins très différentes. Chaque embranchement introduit de nouveaux personnages, de nouveaux enjeux ainsi que des cinématiques exclusives. Illustration promotionnelle pour Geppy-X (2026) d’une protagoniste uniquement visible dans le scénario 3 À cela s’ajoutent six épisodes alternatifs à débloquer grâce à des bonus cachés tout au long de la campagne, revisitant les événements principaux sous un autre angle. L’un d’eux imagine par exemple ce qu’aurait donné Geppy-X s’il avait été adapté pour la télévision américaine, modifiant les personnages, certaines cinématiques, les voix et même une partie de la bande-son. Une bande-son digne des séries qu’il célèbre Impossible de parler de Geppy-X sans évoquer son travail sonore. Le jeu est entièrement doublé en japonais et réunit plusieurs grandes figures du doublage, parmi lesquelles Akira Kamiya (City Hunter, Detective Conan), Shō Hayami (Dragon Ball Z) ou encore Kazuya Tatekabe (Doraemon). Illustration publicitaire de Geppy-X (1999) Ces doubleurs de qualité sont accompagnés par une bande originale qui se montre tout aussi impressionnante. Les openings, endings et de nombreux morceaux sont interprétés par des artistes emblématiques de l’ère Shōwa comme Isao Sasaki (Getter Robot, Goldorak), Akira Kushida (X-Or) ou encore Hironobu Kageyama, célèbre pour Cha-La Head-Cha-La de Dragon Ball Z et Soldier Dream de Saint Seiya. Les compositions sont entraînantes, immédiatement mémorables et n’ont rien à envier aux séries auxquelles le jeu rend hommage.Le seul véritable regret vient de leur diffusion. Les morceaux bouclent systématiquement lorsque les niveaux s’éternisent, ce qui finit par casser une partie de l’ambiance. Une gestion plus dynamique de la musique aurait sans doute permis d’éviter cet écueil. Extrait de la bande-son de Geppy-X (1999) – Shorida! Zettai Finish!! chanté par Hironobu Kageyama Bilan du jeu original Geppy-X impressionne avant tout par son ambition. Sorti de son contexte, on pourrait facilement croire qu’il s’agit de l’adaptation officielle d’un anime oublié des années 70 tant l’illusion est convaincante. Tout n’est cependant pas irréprochable. La difficulté de base se montre parfois excessive, chose courante pour l’époque mais déstabilisante de nos jours et les phases de gameplay, bien que solides, restent techniquement en deçà face aux meilleurs shoot’em up disponibles à la même époque sur PlayStation, Saturn ou PC-Engine comme Thunder Force V, Radiant Silvergun ou même R-Type Delta. Disque 4 du jeu Geppy-X (1999) sur PS1 À sa sortie, son public ne sera malheureusement pas présent. Le jeu restera cantonné au Japon et tombera rapidement dans l’oubli. Son scénariste, Akira Yamato, confiera même avoir été si déçu par cet échec qu’il ne voulait plus entendre parler du projet pendant de longues années. Il faudra attendre l’essor de l’émulation PS1 et le bouche-à-oreille, pour que Geppy-X commence enfin à trouver son public. Au point que l’éditeur Bliss Brain finira par obtenir les droits afin de lui offrir cette seconde vie sous la forme d’une version remasterisée et traduite. Screenshot de Geppy-X (2026) – Godzilla, est-ce toi ? La remasterisation Sur son support d’origine, Geppy-X est devenu un jeu rare… et par conséquent très cher. Son échec commercial à la fin des années 90 a entraîné un tirage relativement limité. Ironiquement, les deux décennies de bouche-à-oreille qui ont suivi ont transformé ce titre oublié en véritable objet de collection. L’annonce d’une version remasterisée a donc été accueillie avec enthousiasme par les amateurs de rétro, d’autant que cette réédition ne se contente pas d’un simple portage. Disponible depuis le 16 juillet 2026 sur PS4, PS5, Switch, Xbox et PC, le jeu est édité par Bliss Brain, une société japonaise spécialisée dans la préservation et la réédition de classiques du jeu vidéo. On lui doit notamment Wonder Boy Anniversary Collection ou encore le remaster de Princess Maker 2. Le développement est confié à Implicit Conversions, un studio désormais bien connu des amateurs de rétrogaming car responsable des classiques PlayStation disponibles via le PlayStation Plus Premium et également sur plusieurs compilations modernes reposant sur l’émulation PlayStation, comme Rayman Anniversary Collection ou Mortal Kombat: Legacy Collection. Jaquette de Geppy-X (2026) sur PS5 Une restauration impressionnante des séquences animées Comme la plupart des remasters du genre, Geppy-X propose désormais plusieurs options de confort : rewind, save states ou encore réglage de la difficulté. Mais le véritable intérêt de cette nouvelle édition se trouve ailleurs. Les nombreuses séquences animées, véritable cœur du projet original, ont bénéficié d’un travail de restauration particulièrement soigné. Les développeurs sont repartis des bandes Betamax d’origines afin de produire une image proche de la haute définition, désormais affichée à 24 images par seconde. Cette amélioration est loin d’être anecdotique. Réparti à l’époque sur quatre disques, le jeu original souffrait d’une forte compression vidéo qui dégradait sensiblement les quelque 8 000 dessins réalisés pour l’occasion. Second opening de Geppy-X (2026) Le résultat saute immédiatement aux yeux. Les contours retrouvent leur finesse, les couleurs gagnent en précision et les animations prennent en stabilité et respirent enfin comme elles le méritaient. Le jeu permet d’ailleurs de basculer à tout moment entre les vidéos d’origine et leur version restaurée. Une fonction idéale pour mesurer l’ampleur du travail accompli, même s’il est difficile, une fois les deux comparées, de revenir durablement aux cinématiques originales. Les phases de gameplay, en revanche, évoluent beaucoup moins. Hormis un léger gain de résolution, le remaster conserve pratiquement intact le rendu graphique de la version PlayStation. Les décors et sprites trahissent naturellement leur âge, surtout sur un écran moderne. Heureusement, plusieurs filtres CRT sont proposés afin de retrouver un rendu plus proche de celui d’un téléviseur cathodique. Sans faire de miracles, ils adoucissent efficacement l’image et rendent les séquences de jeu plus agréables. Screenshot de gameplay de Geppy-X (2026) et une certainement référence à Imit-Ultraman Une traduction française en demi-teinte L’autre grande nouveauté de cette ressortie concerne la localisation. Pour la première fois, Geppy-X est traduit dans plusieurs langues européennes, dont le français. Malheureusement, cette traduction est probablement l’aspect le plus décevant du remaster. Le problème apparaît dès déjà dans titre français, « Geppy-X, robot animé style années 70 », qui sonne particulièrement maladroit. Cette impression se confirme tout au long de l’aventure. De nombreux termes semblent avoir été traduits depuis l’anglais sans véritable prise en compte du contexte, donnant lieu à plusieurs formulations étranges. L’exemple le plus marquant est sans doute l’apparition du message « Source chaude » pour annoncer… l’arrivée d’un ennemi. Rien de véritablement bloquant, mais ces faux sens reviennent suffisamment souvent pour distraire et nuire à la compréhension de certains dialogues. Screenshot en anglais de Geppy-X (2026) Screenshot en français de Geppy-X (2026) Dans la mesure du possible, il est donc préférable d’opter pour la traduction anglaise, bien plus naturelle et largement plus fidèle au texte japonais. Heureusement, la langue peut être changée à tout moment depuis les options d’accessibilité, sans avoir à relancer la partie. Conclusion Geppy-X est un objet vidéoludique singulier, profondément marqué par deux époques : les années 70 qu’il célèbre avec passion, et la fin des années 90 qui l’a vu naître. Sa structure reprenant fidèlement celle d’un épisode d’anime (génériques, coupures publicitaires, faux spots promotionnels et ending) fonctionne encore étonnamment bien aujourd’hui et donne au jeu une personnalité unique. Il est sûrement l’un des rares ambassadeurs de son genre avec des titres comme Kiaidan 00, Supercharged Robot Vulkaiser et prochainement, Changeable Guardian ESTIQUE. Son shoot’em up, en revanche, reste plus conventionnel. Sans jamais atteindre le niveau des grands représentants du genre, il demeure suffisamment agréable, notamment lorsque l’on commence à exploiter les différentes formations de Geppy-X et leurs spécificités. Cette version remasterisée constitue désormais la meilleure façon de découvrir le jeu. Les nombreuses options de confort sont appréciables, mais c’est surtout la restauration spectaculaire des séquences animées qui justifie cette nouvelle édition. Accompagnées d’une bande-son exceptionnelle portée par quelques-unes des plus grandes voix et des plus grands chanteurs de l’époque, elles permettent enfin d’apprécier le projet dans des conditions à la hauteur de ses ambitions. Tout n’est cependant pas parfait. Les graphismes des phases de gameplay accusent leur âge, la traduction française manque clairement de soin et le tarif de 39,99 € peut sembler élevé pour une expérience de la sorte. À ce titre, la démo disponible est une excellente porte d’entrée. Elle permet de jouer jusqu’au quatrième niveau, soit environ la moitié de la campagne. Screenshot de début de niveau de Geppy-X (2026) Geppy-X ne conviendra sans doute pas à tout le monde. Sans un minimum d’affection pour les robots géants, les séries tokusatsu ou les animés des années 70, son charme risque de ne jamais opérer. En revanche, pour les amateurs du genre ou les curieux en quête d’une œuvre atypique, il s’agit d’une expérience aussi surprenante qu’attachante, capable de faire oublier ses défauts grâce à une passion communicative et une identité que peu de jeux peuvent revendiquer. Illustration publicitaire de Geppy-X L’article Geppy-X : Un remaster d’un jeu culte des années 90… qui sent bon les 70’s est apparu en premier sur PSI.
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