Critique de Resonance: A Plague Tale Legacy – un spin-off maîtrisé
playstationinside.fr
Après le succès en 2022 du jeu A Plague Tale Requiem, qui a traumatisé beaucoup de joueurs, Asobo a décidé d’élargir l’univers de la saga. Avec Resonance : A Plague Tale Legacy, le studio bordelais délaisse le duo fondateur, Amicia et Hugo, au profit de la tumultueuse Sophia, et s’offre une parenthèse sous forme de spin-off. L’histoire se passe 15 ans avant les événements de Requiem et parle de la jeunesse de la pirate. Elle nous entraîne sur l’île du Minotaure, où la pirate, alors pillarde, s’embarque dans une quête personnelle pour faire face à ses visions. Traversant des vestiges antiques à travers deux temporalités, entre son Moyen Âge natal et l’ère de la civilisation minoenne, Sophia se retrouve confrontée aux origines d’une menace ancienne, bien avant que son destin ne croise celui de la famille De Rune. Avec ce spin-off, Asobo arrive-t-il au niveau des piliers du jeu d’action-aventure ? Father’s Love Vous rappelez-vous de l’époque où les jeux d’action-aventure n’étaient pas d’immenses mondes ouverts exigeant sans cesse de faire évoluer telle ou telle compétence pour battre un ennemi ? Ce temps où l’on se lançait dans une aventure narrative de 15 heures, linéaire et qui allait droit au but, sans devoir multiplier les quêtes annexes ? Dès le premier A Plague Tale, Asobo Studio avait pris le parti d’ancrer la saga dans cette catégorie, leur permettant de faire des jeux à l’esthétique soignée, au rythme maîtrisé et à la narration léchée. Resonance : A Plague Tale Legacy ne déroge pas à cette règle. Ce spin-off suit les traces de ses prédécesseurs, si bien qu’il est difficile de lâcher la manette une fois que vous avez commencé, le rythme étant rarement pris à défaut. Si certains verront en cette simplicité et cette efficacité un manque d’originalité, je vois en réalité un titre maitrisé à l’image de ce qu’a pu faire Naughty Dog par le passé. Contrairement aux premiers volets où la vulnérabilité d’Amicia rendait chaque affrontement stressant, nous incarnons ici de véritables guerrières avec Sophia et son alter ego minoen. Leurs compétences font de chaque combat un pur plaisir dès lors qu’on en maîtrise les rouages. The Trials Le jeu ne révolutionne certes pas le genre en s’appuyant sur un système classique d’attaque, de parade et d’esquive, mais l’ensemble est parfaitement exécuté. Si j’avais quelques doutes sur le rendu visuel lors des trailers, ils se sont rapidement dissipés. Le ressenti est organique et brutal. Il se rapproche des affrontements de The Last of Us Part II, avec notamment la possibilité d’utiliser des objets du décor comme armes. Pour codifier davantage ces combats, les développeurs ont eu l’idée de rajouter une barre de santé à Sophia, chose absente dans les précédents titres. Elle dispose de trois barres de vie en mode normal (un total qui diminue avec la difficulté) et chaque coup encaissé vous en fera perdre une. Mais vous pourrez en récupérer une si vous réussissez à assassiner l’une de vos cibles. Le système est assez punitif (notamment face à plusieurs ennemis) et vous oblige à réfléchir et à adapter votre approche en fonction du type d’ennemi qui compose la horde. Des approches que vous pourrez encore davantage diversifier en apprenant des techniques via un arbre de compétence. Mais pour une fois, celui-ci impose de vrais choix car il est impossible de tout débloquer, quel que soit le nombre de points de résonance récoltés, même s’ il est possible de réinitialiser votre arbre de compétence à tout moment. Enfin, l’exploration se voit récompensée par la découverte d’armes aux bonus uniques et de « charmes » octroyant diverses capacités passives. Spiritual Lives Si l’infiltration semble facultative au début de l’aventure, on comprend très vite qu’il vous sera quasiment impossible d’y aller comme un bourrin. Il reviendra à vous de déterminer la meilleure approche, jusqu’à fuir le danger et vivre des séquences dignes des derniers Uncharted et Tomb Raider. La comparaison avec ces références est d’autant plus naturelle que les scènes d’action et les énigmes y sont très fréquentes. Souvent axés sur la lumière, ces puzzles s’intègrent parfaitement à l’intrigue et à la mythologie du jeu. Et pour pousser le vice encore plus loin, Resonance décompose sa progression en zones semi-ouvertes, à l’image des derniers jeux sortis de chez Naughty Dog. Ces zones poussent à l’exploration et servent la narration en permettant d’approfondir la relation entre nos personnages. Personnages qui pourront même vous aider à résoudre des énigmes, un paramètre permettant même de régler leur niveau de back seat.Ainsi, s’il fallait résumer la comparaison en une phrase, Resonance : A Plague Tale Legacy est un Uncharted qui aurait assumé le côté fantastique de la trilogie originale tout en épousant le ton sérieux et violent d’un The Last of Us. Mais, ne vous méprenez pas, Resonance reste un spin-off qui se veut plus modeste qu’un gros AAA. Il donne plus l’impression d’être le The Lost Legacy ou le Miles Morales de la saga A Plague Tale, avec l’avantage d’afficher une identité propre bien plus marquée en termes de gameplay. Ce jeu est vraiment fait pour les amoureux des jeux solo narratifs. On y retrouve parfois les travers habituels du genre, notamment ces fameux chemins balisés par de la peinture (même si le scénario tente de le justifier). On y retrouve aussi les bugs inhérents aux jeux linéaires qui arrivent si vous prenez un autre chemin. Run to the Light Grandir parmi les légendes Concentrons-nous maintenant sur l’histoire qui se passe principalement sur l’île du Minotaure. Il est repris un principe du jeu d’aventure qui est de resserrer l’action autour d’un lieu à explorer comme dans Uncharted : The Lost Legacy ou encore Tomb Raider 2013. Mais la force du jeu est son principe de double temporalité. Vous traverserez certains lieux à travers deux époques, le Moyen Âge de Sophia et l’époque minoenne avec son alter-ego avant que ces lieux ne soient en ruine. À noter que malgré un temps d’écran plus restreint, les figures de l’ère minoenne affichent un charisme saisissant au cœur d’un récit aussi cruel que touchant. The Victorious Concernant notre personnage principal, il est souvent difficile de créer une Origin Story d’un personnage adulte, mystérieux et charismatique comme celui de Sophia dans Requiem. Son introduction dans Resonance est un modèle de ce qui peut se faire en termes de réalisation, de narration et de tutoriel. Dès les premières minutes, nous nous attachons à Sophia et toute sa bande de pillards. En tout cas, sans trop en dévoiler sur l’intrigue pour vous en préserver la découverte, je peux vous dire que le niveau d’écriture reste tout aussi solide que dans les opus précédents, même s’il s’avère ici à double tranchant. Sil le jeu enrichit considérablement son lore en résonance (tiens tiens) à l’histoire d’Amicia et Hugo, il nous est tout de même arrivé de ressentir un sentiment de déjà vu dans les réactions de certains personnages en cours de l’histoire. Cela s’explique dans la diégèse du jeu par le fait que ces personnages ici sont proches de l’âge d’Amicia dans Requiem, même si, pour Sophia, son bagage de pillarde et son tempérament guerrier lui confèrent un rapport à la violence bien plus direct. Malgré tout, loin d’être une simple copie d’Amicia, Sophia s’impose avec sa propre identité. Une fois le générique de fin déroulé, une seule envie demeure : la retrouver dans de nouvelles aventures avec une maturité encore accrue. Preuve s’il en est que l’on s’attache à la flibustière devenue une figure désormais incontournable de la saga. Sur le plan narratif global enfin, l’utilisation de la mythologie se révèle particulièrement habile. Dans la lignée de God of War et Uncharted, Asobo détourne des mythes connus de tous pour raconter son histoire et y impliquer plus facilement le joueur. Une astuce intéressante qui permet d’éviter les présentations à rallonge de certains protagonistes. Ainsi, vous aurez la joie durant les flashbacks de l’époque Minoenne de croiser quelques personnages historiques qui sont gravés dans l’inconscient collectif. Echoes Rentrer dans la légende Au niveau technique, le jeu tire pleinement parti de la génération actuelle de consoles (test réalisé sur PS5) : son mode Performance à 60 FPS garantit une bonne fluidité, tandis que la beauté des éclairages sublime des personnages toujours plus détaillés et expressifs. Resonance se rapproche de ce qui se fait de mieux dans ce domaine. Le jeu exploite aussi l’audio 3D pour accentuer l’impact de son sound design particulièrement immersif, notamment face à LA menace principale et durant l’un des boss de fin du jeu. Il est toutefois à préciser que nous avons connu deux-trois bugs au cours de notre test, notamment un léger déchirement d’écran, mais cela devrait être sans aucun doute être arrangé avec le patch de lancement. Call of the Ancients Venons-en désormais à l’ambiance du jeu. Certains titres ont beau être d’immenses réussites, leur ambiance pesante n’incite pas vraiment à s’y replonger. C’est mon cas avec The Last of Us ou les premiers A Plague Tale : j’ai beau les adorer, leur lourdeur émotionnelle les rend bien plus difficiles à relancer qu’un Uncharted. En l’espèce, Resonance est le premier épisode de la saga qui me donne envie de le relancer juste après l’avoir terminé. Et ce n’est pas parce que le jeu n’a pas de rats et qu’il serait donc moins angoissant. Si les premières minutes peuvent le laisser croire, vous déchanterez vite face à une menace oppressante qui constitue l’une des plus grandes réussites du titres. Mais contrairement aux opus principaux de la saga, les phases de combats ont un effet cathartique qui vous permettront de relâcher la pression en défonçant du soldat. Mystical Grounds Un autre élément qui donne furieusement envie de replonger dans l’aventure, c’est tout simplement son âme. Entre ses paysages spectaculaires, sa réalisation soignée et sa bande-son remarquable, le titre fait passer par toutes les émotions, de l’émerveillement à la rage, en passant par la tristesse… Concernant plus particulièrement la musique d’Olivier Derivière, celle-ci est profonde, organique et viscérale. L’utilisation de certains instruments atypiques ainsi que les envolées lyriques dans les chansons sont des exhausteurs de sentiments. Comment ne pas se sentir transcendé par une musique comme The Fight of The Braves ou ne pas être saisi par un sentiment de mélancolie dès les premières notes de Patera ? Best Friends Pour conclure, Resonance : A Plague Tale Legacy est un jeu difficile à noter. Il fait partie des œuvres que vous savez imparfaites ou du moins un cran en dessous de certaines références, même s’il s’en rapproche. Mais peut-on comparer Resonance avec de gros AAA au budget illimité alors que son ambition est tout autre ? Comme pour le volet précédent, la proposition est complète, cohérente et fonctionne plutôt bien. Il n’est peut-être pas objectivement le jeu de l’année, mais il peut le devenir dans le cœur de nombreux joueurs. Au final s’il fallait tenter une métaphore, l’aventure de Sophia est comme un bon plat du Sud-Ouest mijoté par Maïté. Ce n’est pas révolutionnaire, mais bon sang que ça fait du bien quand vous êtes un amoureux du genre. Une seule envie à la fin de cette histoire : en voir plus des aventures de Sophia. Et si à la fin de Requiem, on pouvait se poser des questions sur l’avenir de la saga après le gameplay très axé sur le duo Amicia et Hugo, Resonance semble apporter ici des éléments de réponse encourageants pour la suite. To Our Parents L’article Critique de Resonance: A Plague Tale Legacy – un spin-off maîtrisé est apparu en premier sur PSI.
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